La farce commence à peine à décrire le chaos organisé de Clue Live on Stage. Cette adaptation du film de Jonathan Lynch de 1985, qui a donné vie au jeu de société emblématique, montre pourquoi la franchise nous chatouille le cœur depuis 1949. Clue comprend qu’un jeu a besoin de juste assez de règles pour guider l’imagination de ses joueurs. Son décor macabre et ses personnages stylisés permettent même à votre parent le plus raide d’embrasser une nouvelle réalité où la bêtise s’ensuit alors que les meurtriers se déchaînent. Au sein de ces personnages bien usés, et sous la direction de Casey Hushion, le casting spectaculaire de Clue Live on Stage ! trouvez l’équilibre parfait entre gimmicks synchronisés et bouffonnerie débridée.
Par une nuit sombre et orageuse de 1954, six invités sont rassemblés au Boddy Manor, un sinistre manoir de la Nouvelle-Angleterre, par un maître chanteur anonyme menaçant de révéler leurs secrets au comité des activités anti-américaines de la Chambre. Chaque invité reçoit un pseudonyme et une arme signature. M. Boddy (Joseph Dalfonso) se révèle être le maître chanteur et promet de détruire toutes les preuves contre ses otages s’ils tuent son majordome, Wadsworth, avant l’arrivée de la police. Lorsque les lumières s’éteignent, M. Boddy s’éteint et le groupe doit compter avec la présence d’un meurtrier parmi eux. Ce qui suit sont des répliques sans tact, des plaisanteries pleines d’esprit, des blagues de débauche et des pitreries au niveau de Scooby-Doo.
Adam Brett dans le rôle de Wadsworth était le maître de piste de ce cirque sombre. D’une énergie contagieuse, il pouvait faire monter la barre de la performance de chacun d’un bond et d’un saut. Alors que ses crachats rendaient l’affaire compliquée plus littérale, le jeu farfelu et lâche de Brett a ancré la production dans son propre ridicule, ne laissant jamais aucun moment friser le sérieux. Pas même les déclarations sèches de Mme White, interprétée par Sarah Mackenzie Baron. Le ton monotone et impassible de Baron a fourni un frein bien nécessaire au rythme des blagues, qui autrement auraient pu devenir essoufflées au point d’étouffer.
J’ai ressenti la même chose à propos du colonel Mustard de Nate Curlott, qui n’était capable que d’être confus ou excité. Ses blagues me paraissaient molles, mais mes yeux roulaient des yeux étaient affectueux, car ces artifices renforçaient la sincérité du spectacle alors qu’il essayait encore et encore de faire rire le public. La production a connu le plus de succès dans cette mission lorsqu’elle s’est appuyée sur la comédie physique. Robert Westley, directeur du mouvement, a chorégraphié les scènes qui ont animé les performances live. Comme si on regardait un dessin animé réel, les acteurs se sont glissés en parfaite synchronisation dans les couloirs de Boddy Manor, sur la pointe des pieds les uns après les autres alors que les décors tournaient autour d’eux.
Un autre exemple est celui où M. Green (TJ Lamando) a frôlé la mort près du lustre dans le hall. La scène était inondée de lumière bleue. Les acteurs bougeaient au ralenti. Lamando s’effondra centimètre par centimètre sur le sol en acajou, le visage figé de terreur, tandis que le lustre s’enfonçait vers lui. Ce fut l’un des nombreux moments marquants de la comédie physique pour Lamando, mais la compétition pour la meilleure performance burlesque était acharnée. Parmi les autres prétendants figurent l’impression de chat sifflant de Brett, utilisée pour effrayer The Cop (Kebron Woodfin), et l’apparition époustouflante d’At Sanders dans le rôle de The Singing Telegram Girl.
Pour le groupe hétéroclite de petits méchants de Clue, la mort n’est pas sacrée, et le sexe non plus. Les personnages les plus provocateurs sont Miss Scarlet, Yvette et Mme Peacock, chacune représentant différents stéréotypes sur la sexualité féminine. Miss Scarlet (Camille Capers) est une femme fatale, une femelle alpha. La performance de Capers se caractérise par des mouvements languissants et des plaisanteries suggestives destinées à abaisser les défenses des hommes qui l’entourent. Sa voix traînante et séduisante était contrée par la voix querelleuse et les histrioniques exagérées de Mme Peacock (Madeline Raube).
Raube se penche sur l’énergie folle de Mme Peacock, une hypocrite religieuse, alors qu’elle boit de l’alcool dans son sac à main et lorgne le professeur Plum (Kyle Yampiro). Aucune sexcapade n’est complète sans érotisme pour le plaisir de l’érotisme. Entre Yvette, la servante française à la poitrine généreuse. Zoie Tannous joue ce rôle sur la pointe des pieds et sur le dessus de ses cordes vocales. Son alchimie avec Adam Brett a été un moment fort de la série, m’attirant au bord de mon siège, me demandant si chaque clin d’œil et chaque hochement de tête offrait une autre pièce du puzzle.
Lorsque Jonathan Lynch a élargi les personnages et le monde de Clue pour faire la satire du maccarthysme, il a créé une comédie de désintégration morale – une subversion de la comédie de mœurs dans laquelle les personnages de la classe supérieure ont abandonné toutes les illusions d’une société polie, choisissant plutôt de tuer, voler, tricher et mentir librement. Jamais prêcheur mais toujours provocateur, Clue est le polar par excellence qui nous rappelle que la recherche de la vérité doit toujours inclure quelques rires.
Durée : 80 minutes, sans entracte.
Clue en direct sur scène ! joue jusqu’au 1er février 2026 au National Theatre, 1321 Pennsylvania Ave NW, Washington, DC. Achetez des billets (50 $ à 200 $) en ligne ou à la billetterie du Théâtre National.
Des informations sur la tournée nord-américaine peuvent être trouvées ici.
Clue en direct sur scène !
PERSONNEL DE PRODUCTION
Réalisateur : Casey Hushion
Scénographe : Lee Savage
Créatrice de costumes : Jen Caprio
Concepteur lumière : Ryan O’Gara
Concepteur sonore : Jeff Human
Compositeur et superviseur musical : Michael Holland
Directeur du combat : Robert Wesley
Créateur de cheveux, perruques et maquillage : J. Jared Janas
Directeur associé : Saki Kawamura
Casting : Whitley Theatrical / Peter Dunn
Directrice de la production : Jenna Wadleigh
Capitaine de danse et de combat : Taylor Tveten

