Daniella Ignacio

LAvec la crainte d'un retour de Trump au pouvoir lors des élections de cette année, revenir sur l'élection de 2016 est effrayant mais rassurant. Dans une œuvre théâtrale, se concentrer davantage sur la vie quotidienne qui l'entoure est peut-être plus puissant que l'élection elle-même. Luigi Laraia C'est ma soeur c'est une pièce intime dans un espace intime qui n'essaie pas d'être plus grand qu'il ne l'est.

Dans cette pièce, deux sœurs sont aux prises avec la perte de leur mère en pleine campagne présidentielle de 2016. C'est aussi quelque peu drôle. Sean Gabbart dirige une production avec réalisme dans les interprétations et les choix techniques (y compris une musique douce à la guitare acoustique de Luis Fernando Corzo). La pièce brille surtout dans ses plaisanteries et ses moments individuels axés sur les personnages.

L'une des sœurs est Amy, une écrivaine qui déteste Trump, qui vient de rentrer d'une hospitalisation en raison d'un épisode de trouble de la personnalité limite, qui a peur de quitter son appartement et qui a tendance à surveiller ses voisins d'un peu trop près. Dans ce rôle, le discours sardonique d'Alexandra Recknagel sur la politique avec sa sœur, mais aussi sa curiosité douce et sa douleur face à la vie seule dans son appartement, sont dynamiques.

L'autre est Lisa, une mère au foyer avec trois enfants, qui a des tendances maternelles envers sa petite sœur et qui, au départ, n'a aucune envie de voter. Au fil du temps, elle se lance dans le train d'Hillary. Dans le rôle de Lisa, Rachel Sexton est cool et posée jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus l'être.

Lisa a besoin d'un développement plus poussé, car l'arc d'Amy est plus développé dans cette version raccourcie pour Fringe. On a parfois eu l'impression qu'il y avait de la place pour aller plus loin, ce qui existait probablement dans le brouillon initial. Une exploration plus poussée de leurs vies en dehors des discussions électorales et du fait de faire quitter son appartement à Amy serait la bienvenue, car la scène explosive de la soirée électorale finale, qui offre une telle exploration, a un impact qui semble révélateur.

Mais c'est un bon rappel de l'importance de l'élection de Trump. Le fait d'être obligé d'écouter les tirades de Trump peut provoquer un sentiment de piège et de désespoir. Un moment fort a montré qu'Amy était incapable d'éviter la couverture médiatique de Trump, ce qui a presque mis le feu à sa télévision.

Cette histoire est davantage axée sur le traumatisme. Il est normal que ce ne soit pas toujours très drôle. C'est intéressant de savoir quand il s'agit d'une comédie, quand il s'agit plutôt d'une comédie noire et quand il s'agit d'un drame. Cela semble plus humain, une qualité qui fait ressentir au public un certain poids, même s'il s'attend à ce qu'une comédie soit uniquement divertissante.

Durée : 65 minutes
Genre: Comédie
Dates et horaires : (La diffusion de cette émission est terminée.)
Lieu: Bliss, diverses adresses
Des billets: 15 $
Plus d'infos et billets : C'est ma soeur

Le programme complet du Capital Fringe Festival 2024 est en ligne ici.

Directeur: Sean Gabbert
Dramaturge: Luigi Laraia
Interprètes : Alexandra Recknagel, Rachel Sexton
Compositeur: Luis Corzo
Directeur assistant: Gaddiel Adams

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