Entrer dans l’Hippodrome pour Comment le Grinch a volé Noël ! c’est un peu comme entrer dans les pages d’un livre du Dr Seuss : des couleurs vibrantes et une grande couronne pour vous accueillir. Ce spectacle, mis en scène par Matt August, a été un véritable délice pour les enfants présents. Mais les adultes ont également apprécié, sinon davantage. Ce spectacle sera un souvenir fantastique pour les baby-boomers jusqu’à la génération Alpha et les générations intermédiaires. Tout le monde conviendra qu’il est « unique en son genre ».
Avant le lever du rideau, le spectacle se distingue par un cadrage astucieux et charmant : toute l’histoire est racontée par Old Max, interprété par Nicholas Hambruch, le chien fidèle du Grinch, désormais plus âgé et plus sage, qui revient sur le Noël le plus inoubliable de sa vie. Sa narration chaleureuse et nostalgique donne à la production une profondeur émotionnelle surprenante, ancrant la fantaisie avec une douce réflexion.
Dès les premières notes, l’orchestre dirigé par le directeur musical/chef d’orchestre Christopher Babbage donne le ton avec une énergie et une précision remarquables. Les musiciens jouent avec un son brillant et entraînant qui capture parfaitement le rythme décalé du monde du Dr Seuss. Chaque transition musicale semble nette et vivante, et l’orchestre élève chaque numéro – en particulier les grands indices comiques – avec un côté ludique qui alimente directement l’humour sur scène. Leur travail ajoute de la richesse et de l’éclat à toute la soirée, rendant les chansons familières à la fois vibrantes et fraîchement imaginées.
Le décor de l’Hippodrome, conçu par le scénographe John Lee Beatty, est un régal visuel, et le design s’inspire jusqu’à l’esthétique excentrique qui rend le Dr Seuss si apprécié. Les maisons se plient selon des angles impossibles et rien n’est symétrique – ce qui devrait être exactement le cas. Le monde de Whoville semble vivant avec du mouvement et des couleurs, et chaque changement de décor maintient cette énergie ludique. Même si l’on connaît l’histoire par cœur, on ne peut s’empêcher de se laisser emporter par cette atmosphère magique.
Mais le cœur de ce spectacle est bien sûr le Grinch. Dans la production que j’ai vue, Cody Garcia lui donne vie avec un éclat crépitant et espiègle. La performance de Garcia est tout simplement phénoménale. Il traverse la scène avec une précision comique, mêlant grincheux, sarcasme et vulnérabilité inattendue. Son Grinch est en partie un méchant de dessin animé, en partie un étranger incompris, et chaque grognement exagéré ou expression sournoise fait rire. Le timing de Garcia est précis, sa présence imposante et il apporte un sentiment de plaisir au rôle qui maintient le public captivé.
La performance vocale de Garcia brille particulièrement dans le numéro musical « One of a Kind ». Ce solo dramatique et délicieusement exagéré est une vitrine parfaite pour sa voix, qui résonne avec force et assurance sur l’accompagnement vif de l’orchestre. Le numéro est théâtral, drôle et interprété avec un flair absolu – Garcia sait comment traiter chaque parole et chaque geste, et l’orchestre le soutient avec un jeu audacieux et expressif qui rehausse la comédie et le drame.
Un autre moment marquant est l’emblématique « Vous êtes méchant, M. Grinch ». Propulsé par cette ligne musicale riche et incomparable, la combinaison de la physicalité de Garcia, des commentaires d’Old Max et de l’accompagnement profond et roulant de l’orchestre, ce numéro est un favori du public. Les adultes en particulier étaient éclairés par la reconnaissance dès les premières notes. Le spectacle propose le classique avec juste le bon équilibre entre nostalgie et humour clin d’œil.
L’ensemble de Whos remplit la scène d’une joie sans limites. Leurs harmonies sont lumineuses, leur chorégraphie aux angles fantaisistes et leur énergie collective contagieuse. L’orchestre élève ses numéros musicaux avec un jeu net et coloré, donnant à Whoville un son effervescent qui donne presque l’impression de rebondir sur la page d’un livre du Dr Seuss.

Cindy-Lou Who, représentée lors de la représentation que j’ai vue par une douce et talentueuse Khloe Sacolo, offre un contrepoids sincère aux pitreries du Grinch. Ses scènes avec lui – rendues plus tendres grâce à la narration réfléchie d’Old Max – offrent le noyau émotionnel de la production. Grâce à son innocence et à sa chaleur, le public se souvient pourquoi cette histoire perdure : la gentillesse a le pouvoir de transformer même le cœur le plus grincheux.
L’une des plus grandes forces de cette production est la façon dont elle s’adresse à tous les âges. Les enfants rient de l’humour burlesque et des expressions faciales sauvages, tandis que les adultes captent les dialogues intelligents, les rythmes comiques subtils et les couches de nostalgie tissées partout. Ma seule vraie remarque est que certaines lumières sont trop lumineuses et donnent parfois un effet stroboscopique. Alors soyez simplement conscient de cela.
Le rythme est rapide, l’humour atterrit et la finale rassemble le tout avec des harmonies envolées et un sentiment de communauté véritablement émouvant. Old Max et toutes les réflexions finales de Whoville, associées à la chaude houle finale de l’orchestre, laissent au public cette lueur de vacances incomparable. Ce spectacle est un excellent début pour la saison de Noël et une sortie de vacances parfaite pour tous ceux qui cherchent à sourire un peu plus.
Durée : 90 minutes, sans entracte.
Comment le Grinch a volé Noël du Dr Seuss ! La comédie musicale sera jouée jusqu’au 30 novembre 2025 (à 11h, 15h et 19h), au France-Merrick Performing Arts Center du Hippodrome Theatre, 12 N. Eutaw Street, Baltimore, MD. Achetez des billets (54 $ à 246 $) en ligne ou appelez le 410.837.7400.
Les crédits complets du casting et de la création sont disponibles dans le programme en ligne ici.
(Comment le Grinch a volé Noël ! arrive au National Theatre de DC du 20 décembre 2025 au 4 janvier 2026. Pour plus d’informations et des billets, cliquez ici.)
