Une dizaine d’automates sont parsemés dans une salle sombre. Ils dansent sur un rythme tribal et guerrier, leur ombre portée sur des écrans. Inspirés des marionnettes dentelées de Bali, de figures hybrides puisées au quatre coins du monde, des corps tronqués, des squelettes et des créatures dont la structure décharnée fait la silhouette, bougent de manière mécanisée et stéréotypée. Leurs mouvements provoquent une musique lancinante et chaotique. C’est un processus de manipulation à distance qui permet la mise en branle d’un ensemble orchestral hétéroclite.

le pavillon

Les automates sont maintenus sur divers socles et parviennent à s’autonomiser à des rythmes spécifiques grâce à une technique instrumentalisée. Leur mouvement est créé par le biais de divers mécanismes centralisés à la table de mixage – les chefs d’orchestre y diffusent des sons de moins de vingt hertz, donc inaudibles, et dont les ondes se répercutent sur les supports à marionnettes. Ainsi les pieds d’une figurine ou le battement d’un tambour s’actionnent au gré des vibrations transmises aux hauts-parleurs par les basses ondes. D’autres marionnettes sont actionnées par des systèmes de suspension, de ressorts, ou de rotation…le mécanisme, bien qu’électrifié, déploie des techniques traditionnellement maniées par un marionnettiste. Nous y reconnaissons les marionnettes à fil, à tringles, à gaines, portées ou flottant sur l’eau. Dans ce spectacle, la machine ne se substitue pas au geste de l’humain, elle le met au centre d’un système-monde de personnages.

Vu dans le cadre de La Biennale des arts de la marionnette.
A La Maison des Métallos.

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