D’après Détruire dit-elle de Marguerite Duras
Mise en scène : Jean-Luc Vincent
Collaboration artistique : Anne-Elodie Sorlin
Jeu : Edith Baldy, Isabelle Catalan, Xavier Déranlot, Julien Dérivaz, Airy Routier, Anne-Elodie Sorlin et Jean-Luc Vincent
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Détruire met en scène dans un hôtel presque désert, proche d’une forêt, un dispositif thérapeutique pour personnes qui vivent fermées sur elles-mêmes. Stein (Arien Routier) est un Juif, d’origine allemande; Max Thorn (Xavier Déranlot), Juif allemand, est un professeur marié à Alissa (Edith Baldy), son ancienne étudiante sur le point de le rejoindre. Puis, il y a Elizabeth Alione (Isabelle Catalan), une femme complexe qui vient de subir une double expérience choquante : la perte de son fils et l’amour adultère pour un médecin. Stein et Max deviennent amis et les deux s’intéressent à Elizabeth. L’arrivée d’Alissa provoque la formation d’une sorte de trio. Max, tout en aimant sa femme, permet qu’elle devienne la maîtresse de Stein. Le trio approche Elizabeth et la plonge dans des réflexions et relations amoureuses qui la font encore plus sombrer dans le vide. Son amélioration clinique est seulement apparente quand arrive son mari, Bernard (Jean-Luc Vincent). Ce dernier est effrayé par les discours nihilistes de Stein, Max et Alissa. Le couple part. Le trio continue de parler près de la forêt.

D’après Détruire dit-elle, roman et film de Marguerite Duras, emblématique, dans l’ensemble de son œuvre politique, existentielle et esthétique, portée par une nécessité de se libérer des conventions narratives de l’époque et d’essayer subjectivement à sa manière « une route pour se perdre ». Une sorte de fiction qui laisse surgir plusieurs sens ou significations différentes, et qui habite toute la dernière production de Duras. Une approche de l’écriture qui ne réduit pas la littérature à un « moyen d’étayer une thèse » politique, mais serait plutôt une vision intime et personnelle du politique. Le texte écrit en 1969, situe « le politique et la révolution au niveau de la vie intérieure » de chaque individu, en opposition aux grands manifestes criés dès la fin des années soixante (sans vouloir en délégitimer les batailles).

En adaptant le roman, le metteur en scène et acteur Jean-Luc Vincent a pris en charge ce rapport qu’elle entretenait avec l’écriture, tant qu’il a choisi de la matérialiser sur scène comme personnage Duras (Anne – Elodie Sorlin) « qui découvre la fiction en train de se construire ». Écho, entre autre, d’une écriture méta-littéraire dans la Duras, si nous pensons à la présence presque constante de la figure de l’auteur dans la majorité de ses romans. C’est ainsi que la mise en scène est autant insaisissable, et pourtant subversive (au sens durassien), car elle laisse des espaces vides, à remplir par l’imaginaire du spectateur. Qui trouve un équilibre, entre un goût pour l’image cinématographique (du genre horrifique : le suspens, le resserrement chronologique, l’omniprésence de la forêt…), les mots, les corporéités en scène.)

Le résultat est la mise en scène d’un paysage de ruines, de lieux, d’existences touchantes, en particulier constituée par des “artistes avec une grande autonomie et une grande singularité. » Comme par les structures qui on rendu possible l’existence de ce travail.

Le Studio-Théâtre de Vitry a accueilli Jean-Luc Vincent en résidence et création du 30 janvier au 2 mars 2016. C’est un lieu de réflexion et de pratique théâtrale où des artistes travaillent quotidiennement dans le secret du laboratoire. Ce foyer de recherche a aussi pour vocation de s’ouvrir et de partager le processus même de la création.

19e festival Artdanthé
Artdanthé est un festival interdisciplinaire créé en 1998 au sein du théâtre de Vanves par son directeur José Alfarroba. Ce rendez-vous propose une programmation international dédiée à la jeune création contemporaine tout en faisant la part belle à des chorégraphes plus confirmés. Le théâtre, la musique, les arts visuels et la performance y ont leur place, durant plus d’un mois au sein de la ville de Vanves.

Vous pouvez également suivre tout au long du festival la Radio Artdanthé de Thomas Quillardet

Du 3 au 6 mars 2017 au Studio théâtre de Vitry.
21 mars 2017 à 21h – Festival Ardanthé – Théâtre de Vanves.
21, 22 & 23 mai 2017 – Festival Théâtre en Mai – Théâtre Dijon Bourgogne.

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