C’est un one-man show totalement libre et inspiré que propose le comédien Patrick Robine au théâtre du Rond Point.

Affranchi des règles de la bienséance et des normes du divertissement de masse qui sévit de nos jours, l’auteur est un électron libre. Rêveur mais attentif à l’environnement qui l’entoure, agitateur déjanté mais possédant un goût sage pour les classiques littéraires, Patrick Robine est en somme un poète. Ses élucubrations illuminent ce vingt-et-unième siècle si conformiste. Spectacle léger, léger, nul message politique ou philosophique, pas de discours important, ni d’allocution grandiloquente, mais une idée primordiale : conservons notre liberté.

Si le comédien est seul sur scène pour ce spectacle désopilant, il n’est pas seul dans sa tête. Toute une farandole de faune et de flore vient se déverser sur scène. Un élan, des martins pêcheurs, un lion, un flamand rose… sans oublier l’inénarrable pomme de terre du Connecticut. Car si le lion rugit, la pomme de terre a bien son propre cri et Patrick Robine l’imite à la perfection. Après moult péripéties et pérégrinations en compagnie d’un élan volant, le comédien tombe par hasard sur l’armoire Louis XVIII de sa tante…
Vous n’y comprenez rien ? Aucune importance, le spectacle est une ode à l’animisme et au surréalisme, le côté ludique de Man Ray mêlé à l’iconoclastie d’un Boris Vian.

Savamment ponctuée de références littéraires et artistiques (le lion lit Roland Barthes, le militaire allemand récite Alfred de Vigny, etc.), la représentation acquiert un véritable souffle intellectuel sans se prendre au sérieux pour autant. Intello-rigolo, voilà comment on pourrait qualifier ce spectacle un brin déjanté. Mais Patrick Robine est surtout un amoureux de la nature qu’il aime contempler et observer. De La Ferme des concombres à La Danse du séquoia, toutes les représentations qu’il a pu donner au théâtre du Rond Point ont une connotation naturaliste. D’ailleurs, il a dit lors d’une interview : « Perdre un stylo en forêt serait pour moi la pire des catastrophes ». Création et amour de la nature. Voilà une belle (ré) conciliation.


Du 11 au 30 octobre 2016,
Au Théâtre du Rond-point.

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