D’après : Le Magicien d’Oz de L. Frank Baum
Une production du Théâtre National de Frizngår (derrière lequel on imagine l’Ensemble101 et Macompagnie)

Conception et mise en scène : Jeanne Béziers
Conception et musique : Mike Solomon
Spectacle en frizn, « sur »-titré en français et anglais.

Ce n’est pas souvent que nous avons l’occasion d’avoir dans l’hexagone une troupe originaire de Frizngår…
En fait, c’est très rare de recevoir la visite d’artistes en provenance des terres frizngardiennes…
Si on regarde bien, c’est la première fois qu’on peut compter avec la présence des habitants de ce pays qui était complètement inconnu du public (et du reste du monde) avant l’année 2015 quand (COP21 oblige) les alarmes ont sauté pour nous prévenir que, comme conséquence du réchauffement climatique, le plus important trésor de la culture de Frizngår, un poème épique de 45000 vers écrit sur une façade de glace, était en train de fondre.

À saluer donc l’initiative de la Péniche POP , qui réinvente un cargo pétrolier en lieu de spectacle, d’accueillir (on suspect avec la complicité de l’Ensemble 101, groupe de jeunes génies dérangés derrière des créations comme Overtime la troupe du Théâtre National de Frizngår avec sa réinterprétation du Magicien d’Oz , dont le DVD aurait été retrouvé par hasard par un de ses membres dans un ordinateur perdu par hasard par un des chercheurs qui ont débarqué par hasard en suivant les nouvelles sur la fonte progressive du pays.

Mais “réinterprétation” est un maigre mot pour décrire ce que les comédiens fringardiens ont fait du film de Victor Fleming, car même si on y retrouve Dorothy, Toto, la sorcière et le reste des personnages, y compris l’ouragan, la troupe vole des codes au burlesque, à l’opérette, au gospel, au ballet et au jazz et en même temps s’amuse à casser ces codes, le tout dans une production pleine d’humour à tous les degrés y compris le degré noir.

D’où connaissent les comédiens ces codes culturelles, vu qu’il n’y a aucun témoignage d’éventuels échanges culturels précédentes entre Frizngår et le reste du monde? On aurait aimé éclaircir ce point pendant la conférence de presse qui sert de post-face à la pièce, mais les comédiens semblaient plus portés à jouer à la roulette russe avec une arme chargée et de toute façon ils ne parlaient que le fritz, un langage certes d’une immense beauté sonore et d’une musicalité rare comme on l’a constaté au long de la pièce mais que les interprètes-traducteurs présents (responsables aussi du mémorable “sur-titrage” du spectacle) ne parlent pas du tout.

En sachant que trois quarts de la surface de Frizngår risquent de disparaître dans les années à venir et que la troupe du Théâtre National en fait partie, ne ratez surtout pas Sit Ozfars Wysr. Et n’oubliez pas non plus de (sous?) (sur?) signer la pétition pour la sauvegarde du patrimoine culturel de ce pays, pas moins magique que la Terre d’Oz, pas moins digne d’être visité :

Vu à La Pop.

A propos de l'auteur

Ricardo Abdahllah

Journaliste colombien. Il est, depuis 2007, le correspondant du quotidien EL ESPECTADOR. Il collabore également pour l'édition en espagnol du magazine Rolling Stone et pour la chaîne AL JAZEERA.

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