Two Trains Running d’August Wilson monte sur scène dans une production du Theatre Morgan qui capture l’humour, l’humanité et le commentaire social qui définissent le travail du dramaturge. Mise en scène par CJay Philip dans le cadre de la célébration August Wilson de Baltimore, la pièce est présentée au Turpin-Lamb Theatre du Murphy Fine Arts Center de la Morgan State University. De la mise en scène à la musique, la production crée une atmosphère invitante qui entraîne le public dans l’histoire. Les choix de conception réfléchis et l’attention portée aux détails en font une expérience théâtrale engageante et une célébration appropriée de l’héritage de Wilson.
Situé dans le Hill District de Pittsburgh en 1969, Two Trains Running se concentre sur Memphis Lee, un restaurateur qui se bat pour protéger son entreprise alors que le réaménagement urbain menace son quartier. Au sein de son établissement, un ensemble de personnalités distinctes se rassemble, chacune naviguant dans des luttes personnelles, des ambitions et des incertitudes quant à l’avenir. À travers leurs conversations, Wilson examine l’inégalité raciale, les difficultés économiques, la dignité et l’importance de la communauté pendant une période de changement social. L’humour équilibre les thèmes les plus lourds, permettant aux interactions quotidiennes des personnages de révéler les complexités de leur vie. Au cœur de la pièce, la pièce explore ce que les gens risquent de perdre lorsque les lieux et les communautés qui les façonnent commencent à disparaître.
Ronald K. Malone offre une performance convaincante dans le rôle de Memphis Lee. Son portrait exprime la détermination et la fierté du personnage tout en laissant place à l’humour qui parcourt l’histoire. Le timing comique de Malone est particulièrement efficace, contribuant à apporter de la légèreté aux conversations sans diminuer leur signification sous-jacente. Il donne à Memphis une forte personnalité et une présence imposante, ce qui permet de comprendre facilement pourquoi le personnage tient bon. Malone apporte de la conviction au rôle, offrant l’une des performances les plus engageantes de la production.
Dans le rôle de Risa, Amina Banks offre un portrait crédible et mesuré. Elle aborde le personnage avec sincérité, permettant à la personnalité de Risa d’émerger naturellement à travers ses interactions avec les autres personnages. Banks évite toute théâtralité inutile et fonde plutôt sa performance sur les subtilités du rôle. Son travail contribue à l’équilibre de l’ensemble et donne à Risa une place distincte dans l’histoire.
Carltaise Ransom est un voleur de scène dans le rôle de Wolf. Bisou du chef ! Sa performance est vivante, confiante et profondément divertissante. Ransom habite le personnage si confortablement que sa présence semble facile, et son timing rend ses scènes particulièrement agréables. Chaque fois qu’il apparaissait sur scène, il attirait mon attention. Ses expressions et son débit confèrent à Wolf une personnalité qui résonne au-delà du dialogue lui-même. Ransom comprend clairement le personnage, et cette connexion se traduit par une performance à la fois divertissante et convaincante.
Dwight RB Cook fait également forte impression dans le rôle de West, l’entrepreneur de pompes funèbres. Son apparence physique et ses manières communiquent immédiatement le métier du personnage. De son teint pâle et ses vêtements sombres à sa démarche délibérée, Cook incarne l’image que l’on pourrait associer à un croque-mort. Ces détails aident à établir l’identité de West avant même qu’il ne parle, démontrant comment la caractérisation physique peut renforcer une représentation théâtrale. L’attention que Cook porte à ces éléments rend le rôle particulièrement mémorable.

La conception scénique est l’une des caractéristiques les plus impressionnantes de la production. Shartoya Jn. Baptiste crée un décor qui semble approprié à la période et à la communauté au centre de l’histoire de Wilson. La scène est aménagée avec soin, conférant au restaurant un caractère habité qui soutient les interactions des personnages. Plutôt que de servir simplement de toile de fond, le décor contribue à établir l’atmosphère de la pièce et à situer le public dans l’univers de Memphis. La conception reflète une compréhension claire de la manière dont l’environnement physique peut contribuer à la narration, et mérite une reconnaissance particulière.
La musique est un autre atout notable. Il complète le décor et aide à établir l’ambiance sans surcharger l’action. Le concepteur sonore et vidéo Jonathan Lesane Jr. contribue à cette présentation cohérente, réunissant les éléments techniques qui soutiennent la production. La musique et le son rehaussent l’atmosphère, tandis que les éléments visuels complètent la mise en scène. Ensemble, ces choix contribuent à créer un environnement théâtral qui semble réfléchi et cohérent avec l’histoire.
Ma principale critique concerne quelques lignes manquées qui perturbent parfois le dialogue. Parce que l’écriture de Wilson s’appuie fortement sur le rythme de la conversation et sur des échanges soigneusement chronométrés, ces moments ont parfois rendu les scènes saccadées. Une diffusion plus cohérente renforcerait le rythme et permettrait à certaines lignes, en particulier celles humoristiques, d’atterrir comme prévu. Pourtant, le problème n’était pas suffisamment important pour nuire à la production dans son ensemble.
En fin de compte, Two Trains Running offre une occasion agréable de découvrir le travail d’August Wilson à travers le Theatre Morgan. La distribution apporte de l’individualité aux personnages, tandis que la conception scénique et la musique créent une atmosphère qui complète les thèmes de la pièce. Il est particulièrement gratifiant de voir cette production à la Morgan State University, une institution qui contribue de manière significative au paysage éducatif et culturel de Baltimore. Theatre Morgan a présenté une œuvre qui invite le public à réfléchir sur la communauté, le changement et les expériences humaines qui nous relient à travers les générations. J’ai hâte de voir ce que l’institution apportera ensuite sur scène.
Durée : Trois heures avec un entracte de 15 minutes.
Two Trains Running joue jusqu’au 1er novembre 2026, présenté par le Theatre Morgan du Morgan State University Carl J. Murphy Fine Arts Center au Turpin-Lamb Theatre, 2201 Argonne Dr, Baltimore, MD. Les billets (10 $ à 35 $) peuvent être achetés en personne à la billetterie (du mercredi au vendredi, de 13 h à 18 h; le samedi, de 11 h à 16 h) ou en ligne.
Deux trains en marche
Par August Wilson
ÉQUIPE CRÉATIVE :
Réalisateur : CJay Philip
Régisseur de production : De’Lesa Adams
Régisseurs adjoints : Keith Norwood, Dakhir Lee
Scénographe : Shartoya Jn. Baptiste
Créatrice de costumes : Sharlene Clinton
Concepteur lumière : Niya John
Concepteur son et vidéo : Jonathan Lesane, Jr.
CASTING
Memphis : Ronald K.Malone
Risa : Amina Banks
Loup : Rançon Carltaise
Holloway : Chevell Thomas
Hambone : Amani Nkere
Sterling : Juel Senn
Ouest : Dwight RB Cook
