La pièce de Georg Büchner, Léonce et Léna, est présentée au théâtre de l’Atalante jusqu’au 10 octobre. Mise en scène par Grégoire Callies, de la compagnie Le Pilier des Anges, cette version de la satire est incarnée par des marionnettes chinoises.
Léonce et Léna joue avec les codes de la comédie romantique : un prince et une princesse doivent faire un mariage officiel. Rebelles aux injonctions parentales, ils fuient à travers les royaumes, confiant leurs états d’âme à leurs domestiques. Valério, le valet de Léonce, en bon serviteur du public, donne pourtant à voir la déconstruction des ressorts de la comédie romantique. Il oppose à son prince une vision contradictoire à son idéal romantique. Les réparties lyriques et humoristiques de ce personnage délicieux expriment la philosophie de la pièce. Ainsi, son auteur met en doute l’identité de ses personnages et suggère que la mélancolie n’est qu’une lecture morbide du réel. Cet amour idéal que le prince appelle jusqu’au désespoir ne sera possible qu’après avoir questionné son rôle établi. C’est à travers un voyage initiatique merveilleusement illustré par le dispositif scénique que va se réaliser la mutation du prince.
L’œuvre est emprunte de la philosophie de Georg Büchner. Rappelons que l’écrivain allemand était exilé sous le règne de Frédéric Guillaume IV pour ses idées révolutionnaires, lorsqu’il écrivit la pièce en 1836. Derrière le masque de ses personnages, ou les métamorphoses des marionnettes sur la scène, ce sont les places sociales assignées à chacun qui sont remises en cause. La mise en scène offerte ici révèle les rouages de l’engrenage ou du système. La scène, un coffre aux multiples facettes, s’ouvre et se referme au gré des transformations du prince et de la princesse. Elle offre un écrin à cet amour idéal, utopie révolutionnaire, qui remette en cause l’ordre du roi, l’ennui existentiel et l’aliénation par le Temps.
Pour l’invitation au spectacle des comédiens Jeanne Vitez et Grégoire Callies, et l’esthétique merveilleuse des décors.

Du 28 septembre au 10 octobre 2015,
Au Théâtre de l’Atalante.
Et du 13 au 17 octobre 2015,
Au Théâtre Roublot.

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