Être spectateur, certes, mais spectateur de quoi ? Car des objets à regarder nous n’en manquons pas, ils grouillent et fourmillent dans un univers technologique qui place sous nos yeux mille écrans. Non, justement, s’il est question de l’effort d’être spectateur, c’est que le plus souvent nous ne sommes que le réceptacle passif d’images, d’enchaînements, de narrations sans exigence… et qu’il subsiste un seul espace où notre convocation ait encore puissance réquisitoriale : c’est celui du théâtre.

img_7123_285_285r

Le travail total de Pierre Notte, de l’écriture, au jeu, à la mise en scène, suppose la profondeur de temps de l’expérience, qu’elle soit pédagogique ou pratique, il y faut des années comme acteur mais aussi comme spectateur précisément pour proposer un condensé des questions que soulève cette forme unique. Le texte débité à la mitraillette ne laisse pas le loisir de l’interroger, il commande à peu près sa réception, celle d’un assentiment facilité par l’idée que celles et ceux qui écoutent sont flattés d’appartenir à un public choisi. Or, ce texte, virevoltant et perspicace, ne manque pas de contradictions qui pourraient être soulignées. La modalité de la conférence s’arrête donc là : le retour à la division entre la scène et la salle se révèle à travers l’unanimité finale attendue, l’on n’échappe pas aux applaudissements pourtant pensés comme la convention des conventions.

Cela oui, on l’a retrouvé, par la simple délimitation d’un quadrilatère de lumière, l’abstraction du décor, la symbolique des accessoires : une dramaturgie s’esquisse comme support d’un imaginaire qui n’est pas tendu exclusivement vers l’effort mais s’éveille au plaisir de la comédie.

img_7184_285_285r

6 NOVEMBRE – 1 DÉCEMBRE 2019
SALLE : ROLAND TOPOR
HORAIRES : DU MARDI AU SAMEDI, 18H30 – DIMANCHE, 15H30 – RELÂCHE : LES LUNDIS
DURÉE : 1H25

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.