« Le Malade imaginaire » de Molière. Mise en scène : Michel Didym.

Créée en 1673, Le Malade Imaginaire est la dernière pièce de Molière. C’est l’œuvre qui va clore sa carrière avec brio par l’exceptionnelle qualité de sa création d’une part, et d’autre part, parce qu’elle va emporter le dramaturge dans la tombe.

Le Malade Imaginaire est l’histoire d’un homme qui se croit malade et qui ne peut vivre sans sa dose de drogues, de lavements et de purges quotidiens. Comme dans la plupart des œuvres de Molière, le personnage central est un bourgeois dont les manies sont tournées en ridicule. Et bien évidemment, il est question d’un mariage arrangé, de sa fille Angélique avec Thomas Diafoirus, fils de médecin, lui même sur le point d’être intronisé médecin.

Molière n’a pas fait dans la demi-mesure avec cette comédie qui prend les allures d’une farce bouffonne, sa satire des médecins et de la médecine y est féroce et des chercheurs iront même jusqu’à s’interroger si ces railleries, en apparence anodines, ne sont pas en réalité une satire anticléricale. (On rappellera la dangerosité à critiquer ouvertement le clergé, Le Tartuffe ayant été interdit quelques jours à peine après sa première représentation).

C’est une mise en scène fort habile que nous livre, au Théâtre Déjazet, Michel Didym. Le fauteuil du malade est au centre de la scène, imposant et austère sur des pieds en bois tourné style époque Louis XIII, afin de signifier au spectateur que le malade est vraiment malade et que sa maladie est non seulement sérieuse, qu’elle est de la prime importance et prend une place centrale au sein du foyer familial. Un rideau de lames d’or au fond de la scène, en guise de décor pour signifier que l’on est chez un bourgeois et pour donner une atmosphère intemporelle.

On saluera le jeu des acteurs, notamment celui qui interprète le rôle d’Argan, cela ne doit pas être aisé de jouer un vrai faux malade, une interprétation faite avec force et sobriété. Les autres acteurs n’en ont pas moins de mérite, le rôle d’Angélique est très intéressant, l’interprétation, est plutôt originale et moderne ; l’actrice a su insuffler une réelle personnalité à cette jeune fille de famille qui laisse éclater ses sentiments sans fards. Quant à la femme de chambre d’Argan, Toinette, sa fourberie est à la hauteur des enjeux, ses travestissements hilarants et sa verve fougueuse. Le clou du spectacle réside dans le jeu de Thomas Flavorius, excellent dans ses mimiques bouffonnes empruntées à la commedia dell’Arte.

Voilà une pièce qui ravira les amateurs de théâtre classique, d’un ton moderne et libre, Molière a donné toute la mesure de son talent dans cette satire humoristique, Le Malade Imaginaire est assurément une de ses meilleures pièces.

Avec

André Marcon ou Michel Didym (Argan) : (André Marcon du 3 au 9 nov, les 11 et 16 nov et du 24 au 31 déc – Michel Didym le 10 nov, du 12 au 15 nov et du 17nov au 23 déc.)
Norah Krief ou Agnès Sourdillon (Toinette)
Jeanne Lepers ou Pauline Huruguen (Angélique)
Catherine Matisse (Béline)
Bruno Ricci (Le notaire, Thomas Diafoirus, Monsieur Fleurant)
Jean-Marie Frin (Polichinelle, Monsieur Diafoirus, Monsieur Purgon)
Barthélémy Meridjen ou François de Brauer (Cléante)
Jean-Claude Durand ou Didier Sauvegrain (Béralde) Et en alternance une fillette dans le rôle de Louison

Du 3 novembre au 31 décembre 2017.

Au Théâtre Déjazet.

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