Lors du Festival d’Avignon Off l’été dernier jouait une drôle de pièce nommée Ark Tattoo, dont nous avions parlé avec enthousiasme. Quelques dates parisiennes au Théâtre de l’Opprimé furent l’occasion de retrouver le comédien Nick Millett pour lui poser quelques questions. C’est avec un savoureux accent anglais qu’il nous a répondu, au milieu d’une scène transformée en brocante.

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Tout d’abord, pourrais-tu nous présenter la pièce
Ark Tattoo ?

Oui. Alors. Déjà la question est intéressante parce que c’est une question qui n’a pas de réponse facile. Parce que : est-ce que c’est une pièce ? Ce n’est pas forcément une pièce. En ce moment on est dans le circuit du théâtre, du coup on l’appelle une pièce, mais j’ai eu des discussions intéressantes avec l’auteur et moi je préfère l’appeler une installation, simplement. Après on peut dire une installation-performance parce que ça a une durée, mais on est en discussion avec des gens pour vraiment faire l’installation, que ça soit ouvert toute la journée, les gens viennent et il y a un moment donné où le personnage est dans des discours etc. mais c’est vraiment moins un « spectacle ». Donc voilà ça c’est la première chose.
L’idée c’est que les gens entrent dans un vide-grenier. Et ils peuvent vraiment chiner, ils peuvent vraiment acheter des objets. Ce qui n’est pas facile – hors de Paris je trouve souvent que les gens n’ont pas de problèmes pour chiner et acheter des objets, mais à Paris les gens croient que je mens quand je dis ça, que je « joue ». Hier soir est un très bel exemple où à la fin il y a une personne qui a acheté un truc et les autres ont dit « on peut vraiment acheter ?! » mais j’avais dit dix fois, j’avais prié les gens d’acheter, mais ils croient que je joue.

Mais ailleurs qu’à Paris ce système a toujours fonctionné ?

Ben… Même à Avignon, la première année à Avignon c’était vraiment dans un théâtre et c’était un peu plus difficile pour les gens mais la deuxième fois on a joué dans un garage, et oui très vite les gens n’avaient pas de problèmes. Et évidemment on a joué dans d’autres endroits aussi, dans des brocantes, dans des sous-sols, des granges… Et donc c’est plus facile pour les gens évidemment, ici quand même on est dans un théâtre et donc c’est plus difficile.

Donc c’est vraiment une volonté avec Ark Tattoo de privilégier des lieux qui soient autres que des théâtres ? Qu’est-ce que ça change de jouer dans des cadres plus atypiques ?

Là je n’ai pas vraiment décrit l’histoire mais la pièce, l’installation, comme on veut, est censée jouer avec la fiction et la réalité. Donc l’idée quand même c’est d’arriver à ce que les gens oublient qu’ils sont dans un espace théâtral, dans un espace scénique. Il n’y a pas de scène et tout est construit pour que ça arrive. Par exemple on va jouer la semaine prochaine dans une biennale d’arts singuliers à Dijon et ce sera payé au chapeau, ça veut dire que les gens ne vont pas vraiment acheter de billets, donc je crois que ça va être plus flou pour eux. Est-ce que c’est une pièce, ou est-ce que c’est vraiment un vide-grenier ? L’idée c’est de prendre vraiment à contre-pied toute la tendance post-moderne qui était d’ironiser beaucoup sur les performances, de faire un peu brechtien, de ne pas « jouer », de ne pas faire semblant. Et là, on fait semblant mais à l’extrême, on exacerbe ça pour que les gens oublient qu’ils sont dans un théâtre.
Et ça arrive : la première fois qu’on a joué à Paris c’était dans un genre de loft, un atelier-loft en rez-de-chaussée, donc les gens entraient sur le trottoir, on met un signe à l’extérieur qui dit qu’il y a un vide-grenier, il y a un discours du mec qui tient le vide-grenier à un moment donné, et les gens entraient… Il y avait des gens qui ne savaient pas – évidemment – que c’était censé être théâtral, donc il y avait des gens là qui me disaient des choses comme « putain, mais c’était génial, mais je veux acheter cet objet-là et je n’ai pas le temps, je dois chercher mes enfants, est-ce que je peux revenir demain ? Tu es ouvert demain ? ». Tu vois donc ça a marché à fond. On a joué à l’Anis Gras dans la banlieue de Paris – qui est quand même un centre culturel – et il y avait des jeunes, on a bu des verres après et j’ai dit « alors, vous avez aimé le texte ? » ils ont dit « quoi ? Quel texte ? » j’ai dit « euh… » « mais tu nous a raconté ta vie non ?, tu-tu vas rentrer aux États-Unis là avec tes objets non ? ».
Tu vois, donc il y a des moments où ça marche vraiment, et il y a plein de moments aussi où des gens nous disent à la fin qu’ils ont tellement voyagé pendant la pièce – parce qu’évidemment c’est un vide-grenier donc il y a plein d’objets, beaucoup d’objets qui ont un rapport avec l’enfance, beaucoup d’objets qui viennent des États-Unis, des années 60-70. Et les histoires que le mec raconte sont aussi des objets de l’Amérique profonde, avec un côté assez gothique américain, et puisqu’en Europe notre imaginaire culturel des États-Unis a été fabriqué par le cinéma, les gens voyagent dans des paysages américains qu’ils ont déjà vu surtout au cinéma – beaucoup de monde aussi par de la littérature, des gens comme Raymond Carver. Donc les gens malgré eux voyagent tellement. Et leurs propres souvenirs sont engagés par les objets aussi, parce qu’il y a plein d’objets qui leur rappellent leur enfance, ils touchent les objets, il y a des odeurs, donc ils sont sollicités à un niveau assez profond, sensoriel, qui fait qu’à un moment donné le cerveau rationnel s’éteint. Et ils sont partis.
Et c’est marrant parce que quelques fois – pas quelques fois, souvent – les gens les plus difficiles à embarquer ce sont les programmateurs. Puisqu’ils sont dans une démarche beaucoup plus rationnelle et logique, professionnelle, où ils essaient d’analyser, on les embarque moins qu’on n’embarque le public. Je crois que là on voit aussi comment les choix sont faits dans le théâtre contemporain, qui sont des choix souvent très conceptuels, très visuels, des choix plastiques visuels où on peut comprendre facilement, on peut catégoriser, mais qui émotionnellement sont souvent un peu manquants. Mais c’est parce que tout le monde est sur un circuit de réflexion rationnelle. Donc nous ça marche avec la presse, ça marche avec le public, et quelques fois les programmateurs sont un peu plus difficiles à convaincre parce que… parce que c’est une forme un peu différente aussi.

Tu parlais des objets, est-ce que c’est toi qui les a choisi, comment s’est fait le choix, est-ce qu’il y en a à propos desquels tu as un attachement particulier ?

Il y a beaucoup d’objets qui sont à moi, qui viennent de mon enfance, donc oui il y a des attachements et ces objets sont très difficiles à vendre. En gros si tu veux, par la force des choses je vis un peu ce que le personnage vit, vraiment, parce que ce sont vraiment mes objets, et donc quand lui a du mal à lâcher un objet c’est la même chose pour moi. Et aussi par la force des choses je suis devenu brocanteur parce que je vends des choses, et donc il faut les remplacer, et je fais les vide-greniers, les brocantes, je connais tous les brocanteurs spécialistes en objets américains en France… Donc il y a une partie des objets qui sont à moi, qui est très chargée, et il y a une partie des objets qui sont achetés, mais toujours évidemment avec une recherche de sens vraiment liée à la pièce. Parce que tous les objets sont des déclencheurs.
Et souvent les gens aiment mais ils disent en même temps que la pièce est un peu frustrante parce qu’il y a tellement de choses à regarder, il y a tellement d’informations qui viennent – sensorielles et informationnelles – qu’ils n’arrivent pas à tout digérer, ce qui est un peu le sens, l’idée. Et c’est aussi parce qu’il y a plein d’indices dans le vide-grenier. Donc quand ils sont là en train d’écouter des histoires – qui peuvent avoir l’air complètement farfelu – il y aura un indice dans le vide-grenier, qui peut faire dire « ah oui mais c’est vrai parce que l’objet est là ». Ces associations embrouillent le public, entre la fiction et la réalité on ne sait plus où on est. Hier soir par exemple on a eu des gens qui ont dit « putain, j’ai voyagé, j’ai fait un road-trip à travers les États-Unis, j’étais bien parti ». Et après ils reviennent avec le toucher – parce qu’il y a des objets qui sont passés parmi le public aussi – et donc ils sont revenus brutalement avec quelque chose en main de leur voyage.

On a beaucoup parlé du dispositif du spectacle mais il y a quand même un récit, peux-tu nous expliquer de quoi il s’agit ?

Ce qui se passe c’est qu’il y a un mec dans un vide-grenier qui vend ses objets, il vend vraiment, il raconte des petites histoires aux gens et à un moment donné il commence vraiment à raconter son histoire, il partage. Il raconte qu’il était un enfant de la DASS, qu’il n’avait pas vraiment de famille et qu’il en changeait tout le temps, et aussi qu’on lui donnait des médicaments quand il était enfant donc il a des problèmes de mémoire. Donc déjà un mec qui vend des objets, des souvenirs qui sont à lui, dans un vide-grenier, lui il a des problèmes de mémoire et il va raconter sa vie. On est dans une zone un peu liminale. Et à un moment donné il raconte un jeu auquel un de ses pères adoptifs jouait, avec lui et les autres enfants de la DASS. Il commence à raconter le jeu puis il suggère au public d’y jouer avec lui. Il va jouer ce jeu auquel son père adoptif jouait quand il était petit et ce jeu c’est une pioche d’objets. Du coup la narration va être structurée différemment tous les jours parce que c’est le public qui choisit les objets, et lui raconte des choses dessus. Donc le récit a la forme d’un collage. Lui est aussi un genre d’artiste de l’art brut – en anglais on dit « outsider artist » donc un artiste « du dehors », « de la marge » – puisqu’il essaie de faire sens des choses en créant des collages avec des bouts de récits dessus. Il y a un récit pour chaque objet, il les passe au public et le public les passe entre eux.
Donc il y a toute une réflexion sur la chronologie, une réflexion sur qu’est-ce c’est le passé, comment on construit notre propre passé – par les souvenirs, par le rêve quelques fois – et à un moment donné où notre passé devient très instable on ne sait plus si ce dont on se rappelle est vraiment de la mémoire ou pas. Maintenant la science, après l’an 2000, a commencé à parler de la plasticité du cerveau qui fait que chaque fois qu’on se rappelle d’un souvenir en fait on change le souvenir dont on se rappelle. Et c’est ce qui se passe dans l’histoire, et c’est là aussi la question de fiction et réalité : c’est où la fiction en fait ? Ou plutôt : est-ce qu’il y a une réalité ?

Oui, comme le spectacle comporte deux narrateurs des faits peuvent se recouper mais on sent qu’il y a un moment où ça ne coïncide plus. Donc la réalité devient vraiment fragmentaire et subjective.

Exactement, et la réalité est fragmentaire parce que chacun de nous a un point de vue différent. Là par exemple si tu regardes derrière ma tête tu vois quelque chose que je ne vois pas, et moi j’ai une autre vue d’ici, derrière toi il y a des choses qui se passent dont tu ne sais rien. Donc chaque fois on a une version différente de la réalité. Mais aussi l’histoire qu’on se raconte à nous-même change avec le temps, change avec les images, les photos qu’on voit quand on était petit, et après on fabrique une histoire autour, ça nous arrive de dire « oui je me rappelle de ça » et tu dis à tes parents « oui mais on a fait ça un jour non ? » « ben… non, on n’a jamais fait ça ». Donc, c’est quoi la part du rêve, c’est quoi la part d’imaginaire, dans nos vies, et dans nos identités ? Si tu veux toute la pièce c’est un genre de métaphore de notre manière de nous construire et aussi notre manière de « trouver notre maison », en anglais on dit « home », notre « chez moi ». Comment on le construit, comment on le perd aussi, parce qu’on en a plusieurs dans la vie. Ou comment on le porte avec nous. Et c’est quoi le présent là-dedans. Et, à force de développer la métaphore, il y a des questions qui se posent vis-à-vis de « mais écoute, est-ce que le présent c’est un tombeau du passé ? Est-ce qu’on vit dans un tombeau en fait ? Et moi je suis qui, je suis un fantôme de moi-même peut-être ? ». Passé, présent, et aussi une réflexion sur l’avenir, du coup. Et comment notre avenir est déterminé, parce qu’il y a évidemment dans la pièce toute une réflexion sur la famille, sur le père. C’est quoi la transmission – ici c’est surtout du père, mais de ma mère de mon père… – c’est quoi la question de transmission ? L’ADN, c’est quoi la nature la culture… donc c’est quoi la mesure de ça. Et c’est quoi ma liberté d’agir à l’avenir. Et ce qui pour moi est le génie de la pièce c’est que toutes ces questions sont posées dans une forme très populaire, très accessible, et hyper touchante.

Au départ Ark Tattoo est un texte de David Hancock, The Race of The Ark Tatto. As-tu fidèlement suivi le texte de David Hancock ou as-tu pris des libertés ? Par exemple, est-ce que la structure complètement aléatoire du spectacle au gré des pioches du public était déjà dans le texte de Hancock ?

Pour moi vraiment ce texte c’est de la grande littérature, vraiment. Je n’ai pas lu une réflexion aussi profonde sur la mémoire depuis que j’ai lu… une partie de Proust. Et donc c’était important pour moi de vraiment le respecter, autant que possible. Donc oui, l’aléatoire fait partie de la réflexion sur le destin, sur notre passé et la transmission, c’était important de respecter ça et ça vient de lui. La traduction est assez fidèle, évidemment c’est traduit dans un français un peu… bancal, comme le mien, pour donner la vraisemblance et l’authenticité. Mais sinon c’est vraiment très très fidèle. Il est venu à Avignon l’année dernière et il a beaucoup aimé, on est potes maintenant et donc on collabore ensemble pour voir si on ne va pas développer cette pièce dans d’autres directions, ou écrire un sequel, la deuxième partie. Je ne sais pas si tu te rappelles mais il y a des moments dedans où le mec parle de sa fille qui a été donnée à l’adoption. Peut-être que c’est elle qui va revenir ou… je sais pas. Mais juste pour répondre à ta question : c’est très fidèle, oui.

Quand tu as découvert ce texte à l’époque, qu’est-ce qui t’as fait dire « je veux le mettre en scène, je veux travailler dessus » ?

Alors, à l’origine c’était un ami à moi qui avait vu la pièce à New York et qui m’a demandé de faire la pièce avec lui, Chris Mack il s’appelle. Donc à l’origine on a fait la mise en scène ensemble et il m’a donné le texte à lire, c’était intéressant parce qu’on avait deux vues différentes. Lui avait déjà vu la pièce, il m’a donné la pièce à lire et je suis allé – juste par hasard – je suis allé au Cotentin. Tu sais au Cotentin il y a les marées les plus grandes d’Europe, ça fait vraiment dix douze kilomètres. Donc je lisais cette pièce sur la plage au Cotentin, et la pièce parle beaucoup de l’océan, parle beaucoup des marées, de la manière – métaphoriquement – dont l’océan vient et lave les plages et c’était magnifique de le lire là-bas, vraiment une découverte parfaite. Donc on est partis ensemble dans l’aventure avec Chris, au départ. Moi je ne voulais pas le jouer en anglais donc c’est lui qui a joué quelques fois, on a fait quelques représentations en anglais où c’est lui qui a joué le personnage.

Pourquoi voulais-tu jouer en français particulièrement ?

En France il faut avoir un public, déjà. Aussi pour moi… c’est très complexe pour l’acteur cette pièce, il y a beaucoup de texte, beaucoup d’imprévus, une partie d’improvisation, gérer tous les objets etc. et je crois que si je le faisais aussi en anglais je m’embrouillerais pas mal. C’est bizarre c’est une pièce sur la hantise et moi je suis beaucoup hanté par les représentations que j’ai déjà faites. A Avignon par exemple quand on a fait vingt-quatre représentations, après dix jours je ne savais pas où j’étais, je ne savais pas si j’avais pris cet objet aujourd’hui ou si c’était hier ou si je revivais… C’est assez complexe. Et donc voilà, je ne voulais pas le faire moi-même en anglais.

Et pourtant, tu es anglais au départ ?

Je suis anglais, oui. Mais je ne voulais pas le faire en anglais. Je suis résident en France depuis plus de vingt ans, et dans ma vie quotidienne je trouve que le fait que je parle mal le français ajoute une marge d’incertitude à mes rapports avec les gens qui est très intéressante. Et on arrive toujours à trouver de nouveaux sens aux choses parce que je fais des erreurs qui s’avèrent être intéressantes finalement. Et dans cette pièce où il y a beaucoup d’ambiguïtés, je trouve que de le faire en français, un peu un français cassé, ajoute encore plus d’incertitude pour le public. Quelques fois les chemins à suivre sont un peu tordus, il y a une couche de poésie supplémentaire qui est ajoutée, et j’aime bien ça.

Ark Tattoo est un spectacle de la Compagnie Elapse, peux-tu nous parler de la compagnie ? Quels sont vos projets ?

C’est assez jeune comme compagnie, Ark Tattoo est la première pièce. Depuis on a monté une autre pièce d’une jeune écrivaine américaine qui s’appelle Annie Baker, qui était très jeune quand elle l’avait écrite, elle avait vingt-sept ans je crois. La pièce s’appelle Cercle Miroir Transformation et on l’a jouée à Avignon l’année dernière aussi. Je dirais qu’il y a des choses qui lient les deux pièces, et qui donnent un peu le sens de la mission de la compagnie, qui est vraiment au niveau de l’humanité. C’est que pour moi avec la compagnie on fait de la recherche, on creuse ce que c’est d’être humain. Ce que c’est d’être humain aujourd’hui. Dans une autre vie avant j’étudiais beaucoup la philo, et pour moi le théâtre c’est vraiment l’autre manière de faire de la philo. C’est une manière de creuser, de rechercher dans un genre de laboratoire avec le public. Donc cette pièce aussi c’est une pièce sur le devenir, le devenir de soi, et une pièce très touchante très marrante avec un jeu hyper-naturaliste aussi, qui est important – je suis aussi coach d’acteurs et c’est très important pour moi la vérité du jeu. Donc on l’a jouée à Avignon et on va reprendre à Paris l’année prochaine, au Théâtre de l’Étoile du Nord. Mais on y joue aussi avec Ark Tattoo en novembre – hors les murs évidemment. Et aussi, pour Cercle Miroir Transformation, j’ai été contacté par le Théâtre de Liège et l’Atelier Théâtre Jean Vilar. Ils m’ont demandé de remonter Cercle Miroir Transformation dans une coproduction avec eux en Belgique. Ça ce sera l’année prochaine.
Puis on a un nouveau projet, en fait on en a deux ou trois avec David Hancock qui a écrit Ark Tattoo, donc on va partir dans des projets ensemble. Il y a surtout un de ces projets qui me tient à cœur ça s’appelle Cathexis – en français quand on m’entend on croit souvent que je dis Catharsis, ce n’est pas ce que je dis mais il y a un rapport. Cathexis en fait c’est le mot que le traducteur de Sigmund Freud a utilisé pour traduire la notion d’investissement libidinal. Mais le sens original du mot c’est « l’occupation militaire » en allemand, le mot Besetzung traduit par Cathexis, qui est en fait un mot grec qui veut dire occupation. Donc toute l’idée c’est comment nos neurones sont occupées. Ça va pousser plus loin la question d’installation, ça va pousser encore plus loin la question de fiction/réalité et ça va faire intervenir la technologie pour montrer, pour rechercher comment notre rapport à la technologie et à la « vérité », la « réalité », est en train d’être tordu et comment on vit ça. Voilà, c’est à peu près ça.

C’est un texte que vous êtes en train de créer à deux ?

Pour l’instant j’ai commencé, David Hancock a l’air assez séduit, et donc peut-être qu’on va le créer à quatre mains, oui.

©Cie Elapse

©Cie Elapse

Un grand remerciement à Nick Millett qui a donné de son temps et de sa gentillesse!

Site web de la compagnie Elapse
Facebook de la compagnie Elapse
Teaser d’Ark Tattoo

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