Vivipare – (du latin vivus, vivant, et parere, enfanter) se dit des animaux dont les petits naissent sans enveloppe ni coquille, en général à un état déjà assez développé (définition de Larousse).

Le couple de Charles Bukowski (excellent jeu de l’actrice) et David Bowie baise Marthe à tour de rôle, celle-ci ne veut plus être la chatte de la soirée, elle veut devenir une belle fille, une femme mariée ou une icône pop, ou encore une blonde ukrainienne, cela dépend du contexte. Le fils lourdement hadicapés de David et Charles s’achète de nouvelles jambes, mais meurt du cancer, son âme se réincarne dans le corps d’un chien.
Vivipares (posthume), brève histoire de l’humanité se veut provoquant et cru, élastique et rythmé, dénonçant et se tournant en auto-dérision. Céline Champinot et le groupe La Galerie peuvent se réjouir du défi relevé. Les textes sont forts. Les comédiennes engagées (au nombre de cinq et toutes des femmes –Julie Kristeva serait ravie). Le théâtre non de l’homme, mais de la femme, cinq vivipares, cinq créatures hybrides sorties toutes crues du ventre de leurs mères, criardes, perdues, cherchant leurs identités.
Mais il manque un petit quelque chose pour que cela soit un succès. La salle un peu trop petite, la lumière un peu trop crue, les décors un peu trop carton-pâte, les costumes un peu trop « friperie », les comédiennes de talent, certes, mais un peu trop stressées par la première, les textes un peu trop baroque, la mise en scène un peu trop statique… Il manque peut être tout simplement les moyens d’un « DV8 » ?
Néanmoins, la référence à La Cerisaie de Tchékov est excellente : David devient Davidouchka, Charles -Charlovitch et Marthe dit Judy Garland – Garlandovna. La tristesse de quitter la maison, le départ en Ukraine sur un bateau de réfugiés accompagnés de chant a capella en coeur, l’énumération des espèces d’animaux disparues qui n’en finit jamais. On a envie de partir avec eux, sur un bateau, loin de tout ça, devenir un chien, remuer sa queue et dormir la tête cachée sous les pattes. Mais, selon Céline Champinot, on reste ici et maintenant, parce qu’il ne nous reste plus grand-chose d’autre.

Du 5 au 19 octobre 2016,
Au Théâtre de la Bastille.

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