Une pièce très personnelle que nous livre Macha Orlova. A travers l’histoire d’une famille, c’est le portrait d’une époque qui nous est dressé. Une histoire de famille, un drame intime, mais qui touche finalement toute la société d’une époque, URSS 1970 est un portrait sans concession de l’Union Soviétique des années soixante-dix. Le trait est parfois grossi, mais dans l’ensemble, le tableau est plutôt juste.

fffffUn appartement communautaire où se serrent des familles désargentées par le système, des files d’attente interminables, des pénuries permanentes, l’URSS de Brejnev n’est guère propice à l’allégresse.

L’espoir persiste cependant chez quelques-uns qui caressent le rêve de partir à l’étranger et vivre une vie meilleure. Le quotidien de la famille de Yuri et de Lena est assez morne, ponctué par des files d’attente dans les magasins, l’intimité forcée avec leur colocataire et les repas tous composés de pommes de terre ou presque. Ainsi, un beau jour, Yuri reçoit une autorisation d’exil aux Etats-Unis. C’est une véritable renaissance pour sa femme Lena qui y voit une promesse d’un avenir heureux et met toute son énergie et son espoir dans la préparation de ce voyage futur. Mais une ombre apparaît sur ce beau tableau : Yuri se révèle être un mari pleutre et lâche, pas du tout à la hauteur des volontés de Lena. Cette dernière devra se battre pour réaliser son rêve. Va-t-elle y parvenir ?

gggggL’intimité de ce huis clos nous révèle plus que la souffrance d’une famille, mais les turpitudes d’une époque en proie à des tourments et des envies parfois paradoxales. Ainsi, le colocataire s’oppose au projet d’émigration du couple et glorifie l’URSS à travers les articles élogieux de la Pravda. Mais d’un autre côté, la tentation de l’Occident est prégnante, toutes sortes de choses et de services circulent sur le marché noir, comme quoi la nature humaine reprend le dessus sur les velléités collectivistes du régime.

URSS 1970, une fable dans un monde qui a hélas réellement existé…

Du 20 novembre au 29 décembre 2018.

Au Théâtre Déjazet

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