Ce « polar psychanalytique », adapté d’un roman, présenté au festival du Polar à Cognac (2017) et au festival d’Avignon (2018-2019) présente dans un décor sobre, dépouillé et minimaliste (le cabinet d’un psy avec son divan, son bureau, espace limité comme un piège) un duel renouvelé à chaque séance entre un célèbre psychanalyste et son patient. Ce dernier, impérieux, envahissant, fascinant et inquiétant, a plus d’une mort sur la conscience et plus d’un tour dans son sac, criminel de haut vol hanté par son passé, ses forfaits et qui vient avec ses doutes et son angoisse existentielle contagieux.

Peu à peu les rapports de force changent au fil des entrevues qui sont autant d’affrontements à la fois psychologiques et physiques. Se dessine alors toute une chorégraphie avec un langage des corps assis, inclinés ou dressés pour la lutte à mort de deux hommes liés par un « contrat » dans tous les sens du terme avec leurs patients ou leurs clients. Le rythme est palpitant, dans
l’alternance d’éclats de voix, de mordantes joutes verbales exacerbées, puis de longs et lourds silences, sans oublier le jeu acéré des regards dans un huis-clos étouffant par son suspense, entre révélations dangereuses, secrets professionnels et comédie perpétuelle. Dans ce cache-cache trouble qui perd le spectateur, bien mis en relief par l’ombre et la lumière et le tempo de la pièce, on ignore qui sortira finalement vainqueur de cette guerre des volontés et des personnalités.

 


D’après le roman de Tonino Benacquista
Avec Patrick Seminor, Olivier Douau
Metteur en scène : Stanislas Rosemin
Lumière : David Ripon

Jusqu’au 21 mars 2020.

Au Théâtre du Gymnase Marie Bell.

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