Torchaka ou la dimension microscopique de l’amour.

Jouée depuis plusieurs mois, Torchaka ou l’allumette, a fait son retour ce lundi 20 novembre 2017. Il s’agit bel est bien d’une pièce de théâtre dont l’auteur est Ahmed Rezzak. Un travail qui rencontre un grand succès auprès du public. Ce dernier est venu nombreux au Théâtre National Algérien (TNA), et ce, afin de découvrir la fameuse allumette. Pour le metteur en scène, le défi est majeur : faire passer un message de manière subtile tout en jouant sur l’humour.

lll`

Torchaka revient sur le combat d’un couple dont le seul souci est de dire oui à  l’amour. Un engagement qui ne passe pas inaperçu puisqu’il s’agit d’allumettes très conservatrices. Celles-ci voient d’un œil inquiet la rencontre entre Zalamit et sa dulcinée. À première vue, le thème peut paraitre familier, toutefois, il touche à la vie,  à toutes les sphères de la société. La représentation d’un milieu qui rejette obstinément l’amour.

Pourquoi le metteur en scène a choisi des allumettes ? La symbolique est forte : l’allumette est porteuse. Elle a toujours connu  les deux extrêmes : Lumière et obscurité, malheur et bonheur, guerre et paix. Ainsi, dire non à l’amour, c’est éteindre la flamme qui réunit les humains.  Ils ont beau aimer l’argent, le pouvoir et les excès mais connaissent t’ils le véritable amour ?

nnn

On assiste à une comédie noire : osée, fun et attrayante. Pour cela Ahmed Rezzak a fait appel à une palette de comédiens.  Il convient de citer Hamid Achouri, Mustpha Laribi, Samira Sahraoui, ou encore Abdellah Djellab. Tous ont magistralement exécuté cette pièce en mettant l’accent sur l’aspect microscopique de l’amour. Le metteur en scène démontre comment la subjugation peine à trouver sa place dans un entourage qui accentue les interdits et les complexes. Des allumettes qui ont du mal à se dire « je t’aime », à manifester de la tendresse, et à traduire ouvertement toute forme de ressentis. Une chose qui explique bien entendu les réactions narquoises à l’égard des amoureux.  Torchaka et Zalamit  restent ébahis par ce monde hostile, incapable de montrer une once de douceur.

La mise en scène se passe dans un décor dominé par des boites d’allumettes. Des chants, des danses et des citations ont accompagné la pièce durant 90 minutes. Nous sommes ici dans un contexte de méditation. C’est dire qu’on voyage à travers une écriture théâtrale dont le but est d’amorcer les spectateurs. Il s’agit notamment de transmettre pour un public averti, les dimensions humaines et l’impact décisif de l’amour dans nos sociétés.

 

Jusqu’au 31 décembre 2017.

Au TNA.

 

 

A propos de l'auteur

Fadhel Zakour

Diplômé en presse écrite, il travaille dans le domaine du livre. Amoureux des beaux arts et des belles lettres, il collabore avec le premier magazine littéraire en Algérie (L'ivrEscQ). En 2016, il a publié son premier recueil de poèmes "L'Empire des mots", chez Edilivre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.