Dans cette petite salle on se sent très proche du comédien qui d’entrée de jeu, s’adresse au public pris à partie et à son régisseur complice qui se trompe de lumières et de musique. Il nous annonce l’air catastrophé et à grand fracas que le spectacle est compromis ce soir-là, en raison de la défection de « Marie, partenaire sur scène et dans la vie » : il fait lire au premier rang un message qu’il semble avoir reçu à la dernière minute, ce qui lui permet de commencer par une diatribe dépitée sur les femmes. Grâce à cette mise en abyme du spectacle il crée ainsi une illusion comique parfaite, surtout au fil des répliques improvisées en fonction des réactions amusées des uns et des autres. Posant des questions directes et personnelles (prénom, profession, ville), il fait participer les spectateurs (invités à boire de la vodka…) dans un climat de complicité, avec des dialogues joyeux menés tambour battant. Il fait monter sur scène une femme peu rassurée, sous prétexte de se livrer à un lancer de couteau « appris en visio pendant le confinement ».

https://www.youtube.com/watch?v=Mmehc9oY0pA

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Un rythme trépidant (comme le numéro de danse initial en ombres chinoises) pour une heure très dense de bonne humeur, de questions et réflexions variées, de rigolade sur tous les sujets, des plus quotidiens aux plus sérieux, mais toujours avec un humour léger, parfois caustique et qui peut viser le public, lui-même souvent interpellé. Quelques moments d’autodérision aussi puisqu’il évoque les difficultés du métier de comédien (« peu de risque de plagiat ») dans un autoportrait désopilant quand il fait allusion à ses origines familiales et géographiques.  Homme-orchestre aux multiples talents, il prend des poses et des allures à la John Travolta, se déguise en prof (perruque et voix féminines), joue de la guitare et plusieurs rôles en changeant de voix. Dans cette « première pièce à deux, mais en solo », ce one man show divertissant fait défiler toute une galerie de portraits cocasses et actuels.

Seul en scène écrit et interprété par Karim Mendil (photo Benoît Lacoste), mise en scène Caroline Bal, la Compagnie Les Indiens

Du 26 février au 16 avril 2022 à 18h30. Durée : 1h

Au Théo Théâtre, salle Théo

20 rue Théodore Deck 75015 Paris, métros Convention, Boucicaut. Tél 01 45 54 00 16

Au festival d’Avignon, au théâtre de La Petite Caserne, 17h

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