C’est le premier roman de Lynda Chouiten qui vient d’ouvrir son compteur. Publiée aux éditions El-Kalima, son œuvre est intitulée Le Roman des Pôv’Cheveux. Inventive, l’auteure aborde avec un certain humour la condition humaine, et ce, en utilisant des personnages capillaires.

Des cheveux : ils sont légers fins et fun. Telle est l’attraction du roman. En effet, l’auteure cède la parole à ses personnages qui nous racontent leurs déambulations. On découvre ainsi la vie d’Outoudert, le jeune homme pathétique qui pour assurer sa subsistance, s’est retrouvé dans les poubelles parisiennes ; ou bien Taous, la jeune femme timide qu’on force à se marier et à se voiler. Des maux et des tensions qui nous invitent à réfléchir sur les malaises socioculturels mais aussi sociopolitiques.

Le Roman des Pôv’Cheveux témoigne de l’inventivité de l’auteure. Au delà d’un certain humour. Elle utilise un langage suggestif. Le but est de mettre en évidence les signes et les signaux émis par chaque personnage. Il faut dire ici que les damnés de la terre sont chantés par des allusions et des symboles. C’est sans doute une situation alarmante qui a, de tout temps, marqué le vécu de la planète.

Habile comme ses lettres, Lynda Chouiten fait un clin d’œil à La Métamorphose. La fameuse nouvelle de Frantz Kafka, qui rappelons le, revient sur le calvaire, Gregor Samsa. Ce dernier se réveille un matin avant de réaliser qu’il s’est transformé en cafard. Une chose est sûre : on est face à un monde qui réunit grotesque, absurde et invraisemblable. Des caractéristiques transposées dans Le Roman des Pôv’Cheveux. Ce qui s’inscrit dans une perspective kafkaïenne.

Par ailleurs, l’auteure exploite la dimension allégorique d’un cheveu. « Parler de cheveux, c’est parler de racines (et donc, d’identité), de mépris, de maltraitance, mais aussi de résistance», souligne l’auteure. Avant de revenir sur le fond de son œuvre « Je pense que les malaises de l’humanité sont liés surtout à la nature humaine elle-même. L’oppression, le mépris de classe et le patriarcat, dont il est question dans le roman, ne datent pas d’hier. Ce sont des sujets vieux comme le monde ».  Savamment écrit que Le Roman des Pôv’Cheveux témoigne d’un univers en ébullition qui oscille entre bien et mal, bonheur et désillusions et cela pour le plus grand plaisir des lecteurs… avertis.

Publiée essentiellement en Algérie, en Grande-Bretagne et aux États-Unis, Lynda Chouiten est l’auteur de plusieurs articles portant sur la critique littéraire et de deux livres : une étude de l’œuvre d’Isabelle Eberhardt intitulée « Isabelle Eberhardt and North Africa: A Carnivalesque Mirage » (Lanham, MD: Lexington Books, 2015), et un ouvrage collectif sur l’autorité : « Commanding Words : Essays on the Discursive Constructions, Manifestations and Subversions of Authority » (Newcastle-Upon-Tyne : Cambridge Scholars Publishing, 2016) . Le Roman des Pôv’Cheveux, paru aux éditions El-Kalima, est son premier roman.

                                                            

 

 

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