Edouard Chapot, nouveau directeur du théâtre 14 prend ses marques sur scène en faisant au public la présentation du nouveau théâtre au Sud parisien. Fier de la rénovation et de l’habitation de l’espace, il se fait un honneur de le situer au coeur de son environnement urbain et social.

Aussi, pour sa réouverture, le théâtre 14 a choisi de consacrer trois soirées à des œuvres de Pascal Rambert, Le Début de l’A, Clôture de l’amour et Reconstitution. C’est en 2000, 2011 et 2018 que Pascal Rambert a créé les pièces qui composent ce triptyque, laissant, volontairement ou pas, une durée presque réelle à ses personnages pour mûrir – et subir l’impact du temps sur leurs désirs, leurs visages, leurs corps, et sur leur amour. Il serait intéressant d’ailleurs de questionner la réception des spectateurs en fonction de l’ordre dans lequel ils ont été témoins de chaque développement de ce couple qu’on ne retrouve ni les mêmes, ni complètement différents.

Nous avons choisi de parler de Reconstitution, qui est, comme le titre l’évoque, la pièce des retrouvailles après la séparation de Clôture de l’amour. Cette dernière pièce du triptyque hérite des signes du rituel de passage que les acteurs choisissent délibérément d’opérer, comme pour se soumettre à un commandement universel de l’ordre amoureux. Le couple séparé met en jeu le théâtre intime des retrouvailles dans un décor impersonnel exempt de tout romantisme. Cette clarté fait le style du dramaturge et de sa mise en scène. Le texte dit la vérité toute nue et les personnages sont réalistes, ils ressemblent au spectateur, de classe moyenne. Ils présentent de telles vies, qui sont modelées dans le moule de la modernité, ils côtoient l’amour par passion aussi bien qu’ils sont guidés par un impérieux besoin d’indépendance. Il n’empêche que le mouvement pour la liberté est celui d’une fuite et, fatalement, la rupture crée des déséquilibres, des abandons et des inégalités. Comme le décor, le texte est clair et cru, il exprime aussi bien le sentiment amoureux que le ressentiment et la déception. Et cette franchise du texte, cette clarté du décor font quelque chose comme isoler les deux personnages, les mettant en tension dans un espace vide mais qui accueille deux mouvements : l’abandon et la construction. Le rituel de reconstitution du geste amoureux instauré par les amants ne fait pas paraître le meilleur de chacun, la confrontation aux objets qui le constituent est même souvent décevante, et pourtant c’est dans ces objets que résident le souvenir émouvant et l’espoir d’un amour renaissant.

Mise en scène et scénographie de Pascal Rambert.
Avec Véro Dahuron et Guy Delamotte.
Régie lumière Fabrice Fontal
Régie générale / plateau Valentin Pasquet
Photos Tristan Jeanne-Valès

Production Le Panta-théâtre
Coproduction Structure production

f-1c2-5a97e1dc8070b

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.