Le troisième ouvrage d’Edouard Louis parle du père. De son absence, de ce qu’il reste comme mémoire du passé.

Des années de séparation et le fils retrouve le père, meurtri, physiquement dévasté par le rôle social auquel, toujours il a été acculé. C’est aujourd’hui un être qui se meurt, détruit par l’exploitation quotidienne des corps.

Le fils contemple le délabrement. Se remémore l’individu avant sa privation, fixe le cadre social et politique qui l’étreint. Puis, il énonce. Des lois, des noms, ceux qui doivent être cités, surtout ceux qu’on ne doit pas oublier. Ceux qui ont tué le père.

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La mise en scène de Stanislas Nordey, qui a sollicité l’écriture du texte, s’accorde avec la modernité du récit. Lui presque seul sur scène, entouré des fantômes du père, les laisse se joindre à lui pour ensuite les écarter du cadre central, comme s’ils quittaient peu à peu la vie.

 

 

La diction théâtrale du comédien rompt avec la voix fragile de l’auteur qui avait lu son roman à la Maison de la Poésie, l’année dernière. Cette récitation un peu académique soutient l’aspect dénonciateur de la pièce, mais délaisse l’arrachement émotionnel contenu dans chaque mot. Quelque chose de cette détresse échappe au spectateur qui est plutôt admirateur de la performance de Stanislas Nordey, déclamant l’intégralité du monologue pendant près de deux heures.

Le livre est donc à lire avant ou après la pièce, pour saisir ce qui sur scène, disparait malheureusement de la blessure.

 

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Qui a tué mon père, Edouard Louis.

Mise en scène et jeu Stanislas Nordey

Collaboratrice artistique Claire ingrid Cottanceau

Scénographie Emmanuel Clolus

Lumières Stéphanie Daniel

Composition musicale Olivier Mellano

Création sonore Grégoire Leymarie

Clarinettes Jon Handelsman

Sculptures Anne Leray et Marie-Cécile Kolly

Assistanat à la mise en scène Stéphanie Cosserat

Décors et costumes Ateliers du Théâtre National de Strasbourg

Perruque MTL PERRUQUE

Régie générale Thomas Cottereau

Du 12 mars au 3 avril 2019, mercredi au samedi à 20h30, le mardi à 19h30 et le dimanche à 15h30. Durée environ 1h50

Au Théâtre national de la Colline.

kk

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