Meurtres à Cripple Creek. Un titre révélateur. On le comprend vite ; il y a mort d’homme ! Qui est mort ? Qui est le coupable ? C’est l’énigme que le public tentera de résoudre au fil du spectacle au côté des sept acteurs.
On est dans le Colorado des années 60, à Cripple Creek, dans l’hôtel de Maggy et de sa sœur Gary. Les seuls occupants de cet hôtel pommé qui ne reçoit jamais personne sont : Minnie Brown, une ex-chanteuse riche ; Virginia Desroses, une ancienne star de Broadway qui ne garde plus que la nostalgie des jours passés ; et Joe, son pianiste.
La veille de Noel, lors d’une forte tempête, des individus se rendent dans l’hôtel de Maggy pour y passer la nuit et s’y abriter. Les occupants sont contents d’avoir de la compagnie, Maggy est excitée. Il s’agit de Shirley et Billy, un couple d’amants voleurs qui se fait passer pour frère et sœurs, Earl le paparazzi et enfin, Walter Bruce, le détective qui ne laisse pas Maggy indifférente.

Minnie et Joe sont retrouvés morts dans leur chambre ! Panique à bord ! Qui les a tués ?
Aussitôt, on se retrouve embarqués dans l’aventure. Ce lieu deviendra vite un terrain d’enquête où chacun tentera de percer le mystère, mais où tout le monde se retrouve accusé et considéré comme un coupable potentiel. A la façon d’Agatha Christie, on y retrouvera tous les éléments du roman policier mêlé à beaucoup d’humour disjoncté.
Les personnages sont attachants et un peu dérangés, on rit avec eux et à leur dépend. Les comédiens sont excellents et interprètent magnifiquement chacun des rôles qui leur sont attribués. Le personnage de Margaret Wilde (Maggy) est absolument remarquablement interprété par Nathalie Touati, qui a retenue l’attention de toute la salle. Clément Filluzeau a su, pour sa part, être ce détective des années 60 avec son attitude maladroite, son pull jacquard, sa pipe et son trench. On le voit clairement, chaque acteur est à sa place, leur jeu est plein de vie et de dynamisme. Ils amusent les spectateurs mais s’amusent aussi beaucoup entre eux.

Le texte de Meurtres à Cripple Creek est signé Arnaud Cordier et Rose Denis. La mise en scène est réalisée par Leah Marciano qui s’est appliquée à y introduire une grande part de folie et de fantaisie ; nous le voyons à la présence du petit chien sur scène. Les comédiens sont en couleurs et dans un état exalté, le décor se veut typique des années 60 et fort bien soigné, les costumes sont adaptés à l’époque et aux personnages. Il faut le dire, la mise en scène mérite une évocation particulière.
Le spectacle est le produit d’un travail d’équipe impeccable, un développement de personnages distincts et une progression appétissante. L’hésitation des premières minutes est vite dissimulée par l’inattendu et l’effet de surprise. A la fin, le troisième acte s’achève sur une note festive où les comédiens dansent et chantent accompagnés de Virginia la Diva de Broadway.

Pour ceux qui désirent suivre l’affaire de plus près et peut-être essayer de trouver le coupable, sachez que l’hôtel de Maggy se trouve désormais au théâtre Proscenium. Vous pourrez certainement apporter de l’aide à Walty le détective tous les Dimanche à 17h30.

A partir du 1er novembre 2015,
Au théâtre Le Proscenium.

A propos de l'auteur

Lynda MEGHARA

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