Une reine. Mais aussi une femme, animée par un désir de vengeance. Trompée par l’homme qu’elle aime, elle est rongée par des sentiments entre l’amour et la haine. Marie Tudor, alors promise au Roi d’Espagne, s’éprend follement d’un séduisant aventurier Italien, et est prête à tout pour lui jusqu’au jour où elle apprend qu’il la trompe avec une autre : Jane, la fille adoptive d’un ouvrier ciseleur lequel, épris d’elle, escompte l’épouser sous peu. Jane se révèle en fait être l’héritière de Lord Talbot qui, assassiné a légué tous ses biens à la Reine. Cette dernière perd alors tout discernement et rompt avec ses principes catholiques dans le dessein ultime de se venger de celui qui l’a trahie. Pour cela, elle utilisera Gilbert, l’amoureux blessé de Jane qui a été déshonorée par Fabiano Fabiani. Mais l’amour la rongeant, elle vacille entre désir de posséder et de se venger, de pardonner et de tuer.

Marie Tudor, écrit par Victor Hugo en 1833, est une fresque haletante sur l’ambiguïté des sentiments. L’amour, la haine, le pardon, la vengeance, le pouvoir, la pureté. Comment le pouvoir d’une reine peut être utilisé à des fins personnelles, au risque de se mettre à dos tout le pays, les sentiments l’emportant sur la raison. Qu’est-ce qui fait qu’on se résigne, qu’on pardonne, qu’on aime malgré tout ou qu’au contraire, on se laisse complètement dévorer par la haine, la vengeance ? Quid de l’amour véritable ou de l’envie de posséder l’autre? Il y est aussi question de rapports de classes. De la valeur qu’on accorde aux uns et de la vacuité de la vie des plus modestes. De la pureté des uns et de la corruption de ceux qui possèdent. Du pouvoir des hommes sur les femmes. Et bien sûr de l’ambition. Celle de Fabiano qui utilise les femmes pour son compte personnel, celle de Simon Renard, chargé d’organiser le mariage avec le roi d’Espagne, qui manipule la reine dans ses histoires de coeur dans le seul but de servir ses propres ambitions.

Au travers une mise en scène sobre et soignée, les personnages évoluent dans des costumes élégants au fil des jeux de lumière qui habillent habilement cette fresque au coeur de l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus sombre et tortueuse. Les comédiens nous font voyager dans cette fresque par une incarnation subtile et intense. Depuis la petite scène du Théâtre Rive Gauche, c’est un vrai voyage à travers une époque et des cœurs qui nous est offert.

 

Jusqu’au 11 décembre 2017.

Au Théâtre Rive Gauche.

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