L’outrage fait à Sarah Ikker, de Yasmina Khadra.

Le nouveau roman de Yasmina Khadra, L’outrage fait à Sarah Ikker (Julliard, 2019), nous transporte cette-fois au Maroc, plus précisément dans la ville de Tanger tant décrite et racontée par des romanciers comme Tahar Benjelloun, Mohamed Choukri et autres. Ce roman à énigmes montre les rouages de la société marocaine à travers une enquête qui permet de revisiter les milieux sombres et corrompus de cette ville du nord du Maroc.

kkLe paysan Driss Ikker rentre à l’école de Police après avoir décroché une licence de droit. Malgré ses mauvais résultats, il réussit à sortir major de sa promotion grâce à l’aide du directeur de l’école, M. Abderrahmane Chorafa, qui n’est autre que son beau-père. Après de multiples tribulations d’une ville à une autre, Driss et Sarah Ikker arrivent à Tanger. Le couple file le parfait amour jusqu’à la nuit du 8 au 9 avril quand l’irréparable survient et fait tout basculer. Le lieutenant Driss Ikker préfère mener son enquête tout seul malgré le refus de son commissaire Rachid Baaz qui l’a confiée au lieutenant Alal, jugé compétent et intègre. D’un chapitre à l’autre, le nœud se desserre et l’écheveau se démêle autour d’une enquête longue et passionnante qui renoue avec les anciens romans policiers de Yasmina Khadra.

L’outrage fait à Sarah Ikker est-il un roman policier ? Oui, si on suit les critères de ce genre romanesque resté marginal pendant plusieurs années. En revanche, cette-fois le détective est au cœur de l’enquête en tant que victime principale de cet outrage. Durant la rencontre organisée par l’institut du Monde Arabe le samedi 27 avril 2019, Yasmina Khadra affirme qu’il s’agit d’ « une enquête conjugale…pas un roman policier ». Une affirmation qui donne au lecteur le fil conducteur pour la lecture de ce roman qui est considéré comme le premier tome d’une trilogie « marocaine ».

A travers L’outrage fait à Sarah Ikker, Yasmina Khadra confirme encore en fois son statut d’écrivain voyageur, citoyen du monde que n’arrête aucune frontière. Les titres de ses précédents romans confirment ce changement d’espaces, de cultures et de peuples et qui ne sont, en vérité, que des questionnements posés pour comprendre le monde contemporain.

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