Ce spectacle musical et comique est un one-man show original qui se présente sous la forme de « concerts philosophiques » ou « conférences musicales thérapeutiques à épisode », chaque séance étant différente et l’ensemble s’apparentant à un cycle qui fait penser à des séminaires savants ou à une thérapie à durée limitée. Dans l’atmosphère intimiste d’une cave du Quartier latin qui pourrait faire penser à la Caverne platonicienne, un homme invite le public à réfléchir de manière ludique, tel un Socrate des temps modernes qui interpelle les passants et pose une série de questions simples et proches de l’évidence. La séance conçue comme le prolongement de la précédente dans la continuité d’une réflexion qui s’étend sur six mois, est consacrée ce soir-là au désir et au sentiment amoureux, entre autres.

Le propos est sérieux mais la présentation est humoristique et surtout rythmée par douze chansons en anglais et en français qui sont autant d’invitations au voyage dans le temps, avec parfois même des incursions dans le monde de l’enfance (« L’Île aux enfants » ou des chansons de l’auteur à prendre au nième degré). Le comédien se livre à une explication de texte détaillée invitant le public à interpréter des phrases et des passages précis. Entre les tubes d’un autre temps et la parodie d’une consultation, le comédien s’amuse avec presque rien : un piano, la robe de chambre rouge du philosophe en herbe, deux photos d’enfance, une lettre du producteur qui permet une mise en abyme sur les conditions du spectacle et de la représentation.

Dans la pénombre d’un espace restreint, avec ses allures de savant fou, ses yeux cernés de noir qui mettent en valeur ses œillades désopilantes, ses gestes grandiloquents et sa verve, Cyril Dory développe pendant une heure trente environ des réflexions pleines de vivacité avec des pointes d’ironie et un humour décapant, entre mots d’esprit, rire et plaisir musical. Dans ce dialogue sans temps mort, il parvient à démocratiser la philosophie en prenant le détour inattendu de chansons populaires plus ou moins connues (celle de Michel Berger est d’une triste actualité), afin de (re)dire des vérités parfois oubliées.

Les 19 février, 19 mars, 16 avril, 21 mai 2018 à 21h

Au Théâtre de Nesle, (8 rue de Nesle 75006 Paris)

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