Le public habitué de la biennale d’arts de la marionnette sait qu’en se plongeant dans sa programmation, il s’invite dans un foyer de tous les charmes. Les thèmes qui y sont présentés ont volontiers pour objet de parcourir l’intimité psychique d’êtres singuliers. L’illusion tient à fil, rendant compte de la fragilité de personnages, auxquels des techniques artisanales édifiées du bout des doigts, offrent un contour délicat, à l’identité trouble et incertaine.

C’est ici que se situe la compagnie Juscomama et sa pièce les Géométries du dialogue souscrivant à un travail sur le masque. Des personnages effigies se déploient sur scène à travers des scénettes de la vie courante, en communiquant par le dessin sur leur propre masque. Ainsi, les figures arborent plusieurs dimensions tandis que s’y dressent les portraits plus abstraits ou humains.

Les-Géométries

L’histoire d’une filiation décrit la succession d’apprentissages des filles et mères au fil du temps, mais aussi un dialogue au présent, parfois avec l’autre, parfois dans le monde d’émotions qui s’ouvre en elles. Aussi, le masque carré, mobile et mutant représente cette mise en abîme des consciences, soit qu’il adopte la fonction d’un écran, permettant au spectateur de se projeter dans la vision du personnage, comme dans un film animé, soit celle d’une bande-dessinée dont la lecture des images successives anime le sujet sensible.

La pièce offre en tout cas de précieux moments de méditation, laissant au public toute latitude de contempler des peintures aux traits vibrants, de s’en surprendre et de s’en émouvoir – et d’assister aux procédés de mise à l’œuvre révélée, lui laissant une impression de spontanéité prodigieuse.

(rédaction de leila elyaakabi et timothey dyèvre.)

 

Jusqu’au 19 mai 2019.

Au Théâtre au fil de l’eau.
Programmation de la biennale internationale des arts de la marionnette.
Compagnie Juscomama.

A propos de l'auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.