Les Amants de Nohant, Une pièce sans fausse note.

La relation entre Chopin et George Sand racontée par Solange Sand. Une passion mouvementée, l’impétueuse George Sand et le romantique Chopin sont deux personnalités que tout oppose. Pourtant, le couple a coulé des jours heureux pendant plusieurs années au domaine de Nohant dans le Berry, propriété de la femme de lettres.

Sur la scène, le mobilier d’un décor bourgeois du XIXe siècle. Une lampe à pétrole jette une lueur feutrée. Solange Sand, installée sur un divan, raconte les tumultes de la relation entre Frédéric Chopin et sa mère George Sand avec sa vision de jeune fille. Un récit tantôt poignant, tantôt émouvant, ponctué d’échanges épistolaires entre Chopin et sa sœur en Pologne, George Sand, la mère de Chopin, Delacroix, Pauline Viardot.

Le domaine de Nohant est un souffle de vie pour Chopin. Il y trouve une source d’inspiration et y compose quelques-unes de ses plus belles œuvres. La pièce est régulièrement ponctuée de ces extraits que l’on écoute avec bonheur et l’on se dit, émerveillés : « Ah, c’était donc Chopin ! »

Solange évoque les voyages de sa mère et de Chopin à travers la France et l’Europe. Leur complicité avec les artistes et écrivains de l’époque, Delacroix, Balzac, Flaubert, ou encore Liszt. L’actrice prend parfois les gestes et la voix de George Sand, pour raconter de manière plus intime sa relation avec le compositeur, en reversant la tête de manière théâtrale et jetant nonchalamment des volutes de fumée au plafond.

Tout n’est pas rose pourtant dans ce décor. Le drame est là, tapi dans l’ombre, attendant son heure. George Sand marie sa fille au sculpteur Auguste Clésinger. Chopin est contre ce mariage, qu’il prévoit funeste. La suite des évènements ne tarde pas à lui donner raison : le mari s’avère dépensier à outrance, il mange l’argent du ménage, obligeant Solange à vendre l’hôtel particulier de Paris que sa mère lui a fait cadeau pour son mariage. Au fil des années, la santé de Chopin se dégrade. Ayant souffert toute sa vie de faiblesse poitrinaire, George Sand lui prodigue des soins avec une tendresse maternelle. Pourtant, leurs différences de tempérament finissent par avoir raison de leur idylle et le couple se sépare après neuf années de vie commune.

La suite, est hélas presque prévisible, car Chopin n’échappe pas au tragique destin dont les génies sont si souvent affublés. Il meurt à Paris de la tuberculose, sa sœur et son médecin à son chevet, à l’âge de trente-neuf ans.

Une pièce admirablement interprétée tant par le jeu d’acteur de Claire-Estelle Murphy (Solange), que par le jeu musical de Claude Kahn (Chopin), ainsi que par le chant de Cécilia Norick (Pauline Viardot).

Distribution

Auteur et mise en scène : Dominique Gaillard-Kahn

Comédienne : Claire-Estelle Murphy

Chanteur : Anna Kasyan, Olivier de Narnaud ou Cécilia Norick (en alternance)

Pianiste : Claude Kahn

Costumes et décors : Ass. G.P.C.K

Scénographie : Huguette Soriano

Du 9 octobre au 27 mars 2018.

Au Théâtre Ranelagh.

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