Le personnage du roman Les Sept Fous, est un homme dominé, aliéné, humilié. Erdosain est le modeste employé d’une multinationale – tentation pour l’homme pauvre, il vole dans la caisse de l’entreprise – tentation d’un autre homme pauvre et mesquin, son collègue le dénonce pour mieux convoiter sa femme.

Un bal grotesque se déploie sur la scène dans cette adaptation du roman par la compagnie En Cavale. Des personnages subversifs, portant le masque de la démence tentent une percée, un bond au-delà de la réalité jusqu’à la destruction du sens et du réel. Ces personnages de la jungle urbaine semblent connaître une montée en puissance dans la projection de plans délirants de vengeance envers le monde qui les aliène, folie mystique du génie politique, du délire messianique.

Sur scène, l’alternance des dialogues opère une rythmique rapide, survoltée, signe de la déréliction des hommes pauvres, mesquins et grotesques, aux frontières de l’inhumanité dans laquelle le monde urbain et capitaliste les a confinés.

Si la représentation souffre d’une rythmique dis-harmonique, ce qui empêche de bien cerner les intentions des personnages, elle est tout de même menée par des comédiens très talentueux. Elle est d’ailleurs surtout l’occasion de découvrir l’auteur, tenant de la littérature réaliste urbaine et sa peinture du Buenos Aires des années 1930. La compagnie s’est d’ailleurs appuyée sur le travail d’Isabelle Berman, traductrice de Roberto Arlt en France et metteure en scène.

Jusqu’au 21 janvier 2017,
Au Théâtre de Belleville.

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