Ferdinand, on l’avait déjà vu (La baleine et le camp naturiste), et s’il est question de lui adresser un adieu, ce n’est pas tout à fait pour cette fois, puisqu’après Namur I s’annonce Namur II ! On pourrait craindre même que contaminé par les séries à l’américaine il ne renaisse de ses cendres sous la forme d’un opus III. C’est que Ferdinand occupe l’espace et la parole et n’est pas de ceux qui s’effacent, Ferdinand est comédien d’ailleurs, c’est donc bien qu’il concentre toutes les habiletés du corps et de l’esprit, sous nos yeux comme à ses yeux.

Mais il n’est pas seul Ferdinand, malgré les apparences, on le reconnaît à quelques signes qui reviennent,  pourtant il se démultiplie, et sous les traits d’un seul Caubère devient l’ami aixois Bruno, l’apprenti théâtreux Jean-Marie, puis le père de Jean-Marie, la mère de Jean-Marie, le frère de Jean-Marie… enfin toute une troupe dont les accents, les tics, les moyens varient et se transforment avec une aisance qui finit par convaincre les spectatrices et spectateurs qu’il y a bien là dialogue et coups de bâtons entre des individus séparés.

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Une heure cinquante de pur jeu (et sans une goutte d’eau contrairement à la manie moderne de la bouteille à peine dissimulée vers laquelle reviennent les nouveaux comédiens assoiffés), virevoltant, entraînant, vorace, et même si l’on a envie de signaler les conventions qui régissent cette opposition stéréotypée citadins / paysans, Français/ Belges, intermittents/ bourgeois libéraux, on admet le gros canevas et l’on se laisse emporter. On résiste un peu plus aux scènes d’un Jean-Marie giflé, battu, vilipendé, il y a quelques longueurs dans cette caricature, sauf à changer de point de vue et à voir véritablement Philippe Caubère et à s’amuser de ce qu’il semble s’amuser lui-même de cette joute effrénée qui tient du Guignol et de la pantomime.

Sous la farce on reconnaît les citations, une vie de rencontres, de croisements, de partage avec les metteurs en scène, les lieux de la scène, les dramaturges, et cette fusion un peu folle de la référence biographique et de la fiction parachève le divertissement.

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5 NOVEMBRE 2019 – 4 JANVIER 2020
SALLE : RENAUD-BARRAULT
HORAIRES : LES 5, 9, 13, 22, 26 ET 30 NOVEMBRE ; LES 4, 13, 17, 21, 27 ET 31 DÉCEMBRE ; LE 4 JANVIER, 20H30 – LE 17 NOVEMBRE ET LE 8 DÉCEMBRE, 16H – RELÂCHE : LES LUNDIS ET JEUDIS
DURÉE : 1H50

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