Un « one man show » porté avec brio par la gouaille joyeuse de Bruno Abraham-Kremer, qui nous emmène dans une fresque éblouissante du Paris de la fin des années soixante-dix.

L’Angoisse du roi Salomon, adapté du dernier roman de Romain Gary, relate l’histoire d’un triangle amoureux formé par Jean, un jeune taxi féru de lecture, Cora une chanteuse réaliste et Salomon un ancien tailleur qui a fait fortune dans le prêt-à-porter.

aaaRoman Gary, écrivain de génie récompensé à deux reprises du Prix Goncourt, a été toute sa vie tourmenté par l’idée du déclin, de la vieillesse, de la mort. Lorsqu’une journaliste lui pose la question : « Vieillir ? », l’écrivain répond : « Catastrophe. Mais ça ne m’arrivera pas. Jamais. » L’angoisse de la vieillesse ponctue toute l’œuvre de Romain Gary, et particulièrement son dernier roman. Pourtant, malgré ce que pourrait laisser présager le titre, L’Angoisse du roi Salomon est un roman optimiste, avec une fin heureuse. L’angoisse de la mort est là, présente, prégnante, et Abraham-Kremer la transmet admirablement dans la pièce, pourtant, l’histoire et le texte ne paraissent pas être le fruit d’un esprit désespéré. Ainsi, le roi Salomon à quatre-vingt ans passés, refuse obstinément de vieillir certes, déni son âge, mais il est animé par un insatiable appétit de vivre, c’est une personne positive et optimiste, qui « va de l’avant ». Finalement, malgré une anxiété palpable, la fin heureuse et optimiste ne laisse en rien présager du désespoir de l’écrivain et de sa fin tragique.

L’Angoisse du roi Salomon, une odyssée fantasque, voire presque fantastique dans les turpitudes de la nature humaine, dans ses joies, ses bonheurs, ses attentes, ses angoisses. Abraham-Kremer, comédien de grand talent, porte à lui seul plusieurs personnages. Tantôt Jean – dit Jeannot – tantôt Cora la chanteuse à l’accent canaille parisien, ou encore le roi Salomon – d’une bonhommie autoritaire – l’acteur semble avoir des ressources inépuisables pour incarner toutes ces personnalités hautes en couleur. Quel tourbillon ! Voilà un joli spectacle pour « cueillir les roses de la vie ».

Du 29 août au 21 octobre 2018.

Au Lucernaire Théâtre.

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