Le public entre en salle, s’installe dans les gradins circulaires. Au centre, un Monsieur Loyal et son assistant interpellent les spectateurs. Des personnages entrent peu à peu en scène, là un balayeur, ici un accordéoniste, là encore un ouvreur qui recommande les meilleures places. Ils montent sur les gradins, arrivent d’on ne sait où, font quelques acrobaties, jouent quelques notes, jusqu’à ce qu’une cloche sonne et fasse refluer ce joyeux capharnaüm. Ainsi, d’entrée de jeu, le ton est donné : burlesque, acrobatie et musique sont étroitement mêlés.

La place accordée à l’humour apparaît dès que le spectacle commence. La présentation, en russe, par Monsieur Loyal du premier numéro est aussitôt traduite… en espagnol par un interprète un peu trop zélé qui s’emballe sans faire mine de s’arrêter jusqu’à ce que les autres artistes, exaspérés, le fassent taire.

akoreacro-klaxon-niels-benoist-7

Débarrassé de l’importun, the show can go on ! Les personnages tirent sur une corde au bout de laquelle sont fixés… un piano et son pianiste, qui apparaissent dans un nuage de fumée. Là encore burlesque, acrobatie et musique s’entrelacent : les instruments deviennent protagonistes et sont détournés pour servir tantôt l’humour, tantôt le cirque ; piano comme tremplin aux figures, violon comme bâton de correction contre l’insolent poursuivi par le maître de la piste, violoncelle en équilibre sur une paume, piano encore qui virevolte en se rapprochant dangereusement des spectateurs.

Autre moment, autre tableau étonnant : un homme entre en scène, muni d’un grand cerceau avec lequel il entame une danse tourbillonnante, élégante, où il devient homme-toupie, où le cerceau semble lui répondre jusqu’à créer sa propre musique en retombant doucement au sol, en toute poésie. Ce même acrobate jonglera plus tard avec des balles et un… balai, le burlesque se mesurant à la poésie, la poésie au burlesque, à l’image d’un Charlot faisant tourner sa canne.

akoreacro-klaxon-niels-benoist-6

Klaxon, c’est encore des balles de ping-pong jetées dans un piano, de l’accordéon joué sur un trapèze, une bagarre, Jean-Sébastien Bach et une battle de beatbox. Mille trouvailles, qu’il serait dommage de toutes dévoiler ici, parsèment le spectacle et émerveillent le public.

Cette création est la troisième d’Akoreacro, après SoCircus !!!! et Pfffffff. La compagnie, qui fête aujourd’hui ses dix ans, a été créée par quatre compères, rejoints par des musiciens et d’autres acrobates. Chez ces artistes, comme dans tout leur univers, la frontière entre musique et cirque est floue, l’acrobate s’essayant à la musique et le musicien à l’acrobatie. Le spectacle, qui traverse l’Europe depuis 2013, est ici joué dans le cadre de Villette en Cirques, festival qui accueille de septembre à février six spectacles aux esthétiques diverses. Parmi ceux-ci, Klaxon claironne haut et fort son atmosphère réjouissante, poétique et étourdissante. Vous voilà avertis !

akoreacro-klaxon-jean-luc-tabuteau-3

© Jean-Luc Tabuteau

Klaxon d’Akoreacro

Dans le cadre du festival Villette en cirques

Du 23 novembre au 25 décembre 2016, du mercredi au samedi à 20h, dimanche à 16h

Parc de la Villette, Espace chapiteaux

Mise en piste : Compagnie Akoreakro, Alain Reynaud

Acrobates : Claire Aldaya, Maxime La Sala, Basile Narcy, Maxime Solé, Antonio Segura-Lizan, Romain Vigier

Musiciens : Guilhem Fontes, Mathieu Santa-Cruz, Guillaume Thiollière, Vladimir Tserabun, Boris Vassallucci

A propos de l'auteur

Pauline Monnier

Pauline est éditrice aux éditions Lextenso (spécialisées en droit). Amatrice de théâtre et de cirque tout autant que de littérature et d'expositions, elle se passionne également pour les voyages, ayant notamment traversé huit pays d'Asie huit mois durant.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.