« ERRANCE DE VILLE EN VILLE – SUR LES PAS DE MEDDEB ».
Mise en scène et conception : Amina Maya Meddeb & Hind Meddeb. Montage : Thim Nacccache
Avec Arthur H (lecture), Michel Portal (musique), Françoise Atlan (chants soufis), Michel Deguy (texte d’hommage)…
& diffusion d’archives et extraits inédits des carnets de voyage Tunis, Le Caire, Tanger, Séville, Cordoue, Marrakech, Jérusalem.

Ce samedi 5 novembre 2016 nous avons marché sur les pas d’Abdelwahab Meddeb à la Maison de la poésie. Un voyage filmique et poétique en hommage à un homme remarquable disparu en 2014.

Ecrivain, poète, historien de l’art, directeur de la revue internationale Dédale, producteur de l’émission hebdomadaire « Cultures d’Islam » sur France Culture, il ne cessa de lutter contre le fondamentaliste religieux après les attentats de New York en 2001. Dans ses écrits comme La Maladie de l’islam (Seuil, 2002) ou Portrait du poète sufi (2014), il invitait les extrémistes à rompre avec la spirale de la violence et du ressentiment. Il proposa de séparer le politique du théologique et de rechercher pour y parvenir dans la tradition soufiste d’Ibn Arabi (1165 -1240). Ce dernier est un andalou musulman, d’origine arabe, théologien, juriste, poète, métaphysicien, ouvert à la pluralité des mondes. D’où cet extrait de l’hommage : « inlassablement il s’est assigné la tâche de lever le mystère qui entoure la désaffection de l’Occident pour le monde arabo-islamique, monde qu’il a aimé passionnément et que l’on retrouve dans ses carnets au fil des centaines de pages qu’il a consacrées à des villes comme Le Caire, Marrakech, Fez, Tunis ou Alep… »*
Ce néo-nomade dans l’esprit comme dans la vie, qui ne mettait pas de barrière entre les cultures, séjourne toujours parmi nous à travers l’action de sa famille, de ses amis et estimateurs. Cette transmission nous fait d’ailleurs penser à sa vision du temps contenu dans les carnets inédits sur Marrakech : «Le temps passe et m’emporte sans que je vive la conscience de son cours. C’est dans cette éternité de l’instant que je séjourne.» Un non-lieu temporel qu’il nous invite à découvrir, en nous nourrissant de nos rencontres. Un témoignage précieux de la grâce, de l’ampleur et de la splendeur du monde. C’est ainsi qu’à partir de la scène de la Maison de la Poésie entre images d’archives, musique et fragments de parole, il nous parle d’un Islam, comme culture de l’hospitalité et lieu de dialogues multiculturels,s’opposant à l’imagerie de nos actualités télévisuelles d’une culture violente et illettré qui voudrait nous anéantir, en nous laissant entrevoir, contre la dichotomie « abattre où être abattu », une troisième voie : celle de la connaissance et du partage.

 

A la Maison de la poésie.

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