Feminine but Elastic est une pièce de théâtre physique et multimédia. Au cœur de la performance, la comédienne Nicole Pschetz offre un regard critique sur la médiatisation du corps féminin. Elle illustre le rapport de pouvoir qu’exerce sur lui la caméra.

Ce spectacle a ceci d’intéressant qu’il laisse seul le corps exprimer ses traumatismes et son aliénation. La beauté féminine perçue à travers la publicité et le cinéma produit de la fascination. Cette fascination pour un corps – trop – parfait s’exerce par l’absence de la parole féminine. Les femmes qu’on voit sur scène ne sont pas des sujets, elles sont l’objet par lequel le regard masculin fabrique de toutes pièces ses propres fantasmes, à travers elles. Non, elles ne parlent pas, ou si peu, pour essayer de se défendre, de faire entendre leur droit sur leur propre corps, mais le dialogue est impossible. S’il n’y a aucun dialogue dans cette pièce, c’est bien pour révéler cette impossibilité. Les seules paroles prononcées sont des paroles d’autorité, et alors le corps se meut comme celui d’un pantomime. La chorégraphie exprime la douleur du sujet à se conformer au regard oppressant porté sur lui.

Cette performance cible un sujet particulièrement difficile à évoquer, car l’exposition des corps féminins est omniprésente, si bien que le phénomène d’aliénation se rend invisible. La création physique permet à la face visible du corps de se révéler comme porteuse de sens. Et ainsi de décrypter la face invisible, sordide, du spectacle de la femme parfaite.


Du 6 au 10 juillet,
Dans le cadre du festival Nous n’irons pas à Avignon.

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