Les samedis après-midi de novembre et décembre ainsi que durant les vacances scolaires de Noël, Carabistouilles et cie présente Enfablées au théâtre de la Comédie Bastille. Spectacle créé et joué par Pauline Klein et Héloïse Martin (en alternance par Solenn le Marec et Violette Mauffet).

Le titre est sans équivoque : il est question ici des fameuses Fables de Jean de La Fontaine. Celles-là mêmes dont les vers, maintes fois récités, ponctuent parfois nos pensées tant elles sont ancrées dans l’imaginaire collectif. Ce spectacle, qu’on pourrait penser en direction unique des jeunes spectateurs, s’adresse en réalité à un public intergénérationnel.

Tout commence par l’apparition d’un personnage facétieux qui, par divers stratagèmes, réussit à accéder, et nous avec, aux pages du Grand Livre gardé jusqu’alors par un personnage étrange semblant tout droit sorti de la Comedia dell’arte. Débute alors notre voyage au coeur des histoires de La Fontaine. Le corbeau et le renard, Le Lièvre et la Tortue, Le Loup et Le Chien. Ces fables que l’on connaît si bien mais que l’on a pourtant l’impression de redécouvrir, et ce, à la lueur d’un jour nouveau. Les comédiennes sont éclatantes. Vives, dynamiques et espiègles, elles nous emportent et nous font passer d’un univers à l’autre avec une étonnante fluidité. On les sent totalement impliquées et les voir autant s’amuser ne manque pas de nous transporter dans les mondes auxquels elles nous convient avec générosité.

Masques, marionnettes, théâtre d’ombre, les univers sont variés et exploités avec finesse et ingéniosité. Cette diversité, au gré des récits, favorise la naissance de multiples émotions chez le spectateur. Rire, tendresse, mélancolie. Chaque fable est traitée de façon singulière selon les prismes choisis en matière d’univers et de discours. Les histoires sont tantôt contées, tantôt rapportées au discours direct par la mise en scène des animaux sous habit de masques ou de marionnettes. On assiste parfois à un mélange des genres oscillant, par exemple, du masque à la marionnette, ou du récit au dialogue, ce qui provoque un effet souvent très drôle et très vivant. Les transitions sont bien pensées. Ainsi les personnages sont transportés dans le grand livre à l’aide de parapluies qui les font s’envoler, nous renvoyant, par instants, au souffle de certains moments rencontrés chez Miyazaki. La réalisation des différents supports de manipulation, et la manipulation elle-même, est minutieuse favorisant une plongée instantanée dans le monde imagé inventé par La Fontaine. Les dispositifs scéniques sont, eux aussi, foisonnants, riches et investis avec astuce et intelligence. Le texte est dit dans son intégralité et la mise en scène des animaux contribue largement à rendre le récit animé et intelligible, pour les plus jeunes notamment.

Au final, le spectacle est réellement touchant, dynamique et empli d’une poésie enfantine qui apaise, pour quelques temps, nos turpitudes d’adultes. On en ressort le sourire aux lèvres et le coeur léger.

Pendant les vacances scolaires,
A la Comédie Bastille.

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