Pièce écrite par Shakespeare entre 1610 et 1611, c’est une tragicomédie étonnamment moderne qui se démarque franchement du théâtre classique français de la même époque.

L’histoire se passe dans un royaume imaginaire. Léonte, roi de Sicile, pris dans une folie paranoïaque, est persuadé que sa femme Hermione le trompe avec Polixène, le roi de Bohème et qu’elle porte l’enfant de celui-ci. Fou de jalousie, il tente de faire assassiner Polixène, mais ce dernier réussit à s’échapper grâce au serviteur de Léonte qui ne peut se résoudre à tuer un homme innocent.
En apprenant la fuite du roi de Bohème, la folle jalousie de Léonte est d’autant plus renforcée. Il instaure un procès contre sa femme, à l’issue duquel elle se laisse mourir de chagrin. Entre temps, Hermione a donné naissance à une fille qu’elle a prénommée Perdita. La fillette grandit et souhaite se marier avec Florizel, qui n’est autre que le fils de Polixène…

Shakespeare, précurseur du théâtre romantique, a construit Le Conte d’hiver sur deux registres distincts. Si la première partie de la pièce est éminemment tragique, la deuxième tourne à la comédie, voire à la farce. La mise en scène de Philippe Car au Théâtre 13 rend justice à l’esprit de cette pièce affranchie des conventions du théâtre classique. Même si le début est tragique, les éléments de la farce bouffonne sont présents. Les décors aux folles couleurs, la façon d’être de Léonte, drapé dans une dignité surjouée, la musique tonitruante…

On salue également le jeu des comédiens qui manient avec brio plusieurs registres, certains jouent même plusieurs personnages, la comédie burlesque prend tout son souffle grâce à leur parfaite maitrise du jeu, accompagnée d’une mise en scène rythmée qui ne manque pas de moments loufoques.
Avec des décors aux couleurs débridées et des costumes d’inspiration tzigane, voilà un joyeux conte pour petits et grands qui ravive l’hiver.

Du 10 novembre au 18 décembre,
AuThéâtre 13.

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