Un cœur simple est une nouvelle de Gustave Flaubert publiée en 1877 dans le recueil Trois Contes. L’histoire retrace la vie d’une servante, Félicité. Pour ce récit, Flaubert s’inspire de son enfance en Normandie.

 

Comme l’explique la comédienne Isabelle Andréani, elle a décidé de passer le texte à la première personne afin de donner encore plus de corps au personnage de Félicité.

Avec une intensité saisissante, Isabelle Andréani raconte cinquante années d’existence de cette servante zélée et courageuse, qui rentre au service d’une bourgeoise de Pont-Lévèque, Madame Aubain, mère de deux enfants, Paul et Virginie (une référence au roman du XVIIIe siècle de Jacques-Henri Bernardin de Saint Pierre, qui a rencontré un très grand succès à l’époque).

Tout au long de sa vie, Félicité se dévoue entièrement aux personnes de son entourage, et c’est avec beaucoup de courage et d’abnégation qu’elle fait front aux drames et difficultés qui parsèment son existence. Certains personnages profitent sans vergogne de sa bonté d’âme : Théodore lui promet le mariage puis la trahit pour une femme âgée qu’il épouse par intérêt, Madame Aubain est d’une froideur et d’une ingratitude implacables, enfin, sa sœur lui confie son fils Victor uniquement par calcul car Félicité est très généreuse avec son neveu…

Malheureusement pour Félicité, le sort s’acharne, car après avoir perdu son neveu Victor emporté par une fièvre jaune à La Havane, c’est au tour de Virginie de succomber quelques mois après d’une fluxion de poitrine…

Puis la vie suit son court à Pont-Levêque, son attachement à Madame Aubin redouble d’intensité. Celle-ci lui confit un perroquet, Félicité est en folle et à la mort de l’animal elle décide de l’empailler, ainsi, Loulou de son prénom, ne quittera jamais sa maitresse.

A la grande stupéfaction de Félicité, Madame Aubain meurt avant elle. Aucun de ses proches ne réclamant la propriété, Félicité peut y rester. Avec le temps, la maison se dégrade, les chambres prennent l’eau et Félicité attrape une pneumonie. Sur son lit de mort, la servante au cœur simple voit un immense perroquet…

Le récit fait par Isabelle Andréani nous émeut car il est sans fioritures, la comédienne sait aller à l’essentiel afin de donner vie à cette servante et la bourgeoisie normande qui est son quotidien. A travers les mots de Flaubert, on devine son esprit critique à l’égard du milieu social duquel il est lui-même issu. L’attaque n’est pas frontale comme chez un Zola, Flaubert distille son cynisme avec parcimonie. Ainsi, la duplicité de certains personnages est masquée par une apparente bonhommie. Pas d’acharnement chez Flaubert, ceux qui trahissent poursuivent leur existence et on ne sait pas ce qu’il en advient. Sauf Madame Aubain qui échappe à la règle, des sursauts de sympathie transparaissent chez cette bourgeoise hautaine, à l’instar de Félicité, elle souffre également de la perte de ses proches et de la solitude.

Une mise en scène à la fois sobre et poignante, un texte fidèle au récit originel, Un cœur simple saura toucher celui de beaucoup de spectateurs, courez-y sans tarder.

D’après Gustave Flaubert

Mise en scène Xavier Lemaire. Scénographie Caroline Mexme

Avec Isabelle Andréani. Production Les Larrons

Réservations : 0145445021

Au Théâtre de Poche

 

Un coeur simple

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