Entretien avec Elizabeth Bouchaud, directrice de La Reine Blanche, à propos du Cinema e Pastacciuta, programme de films italiens projetés au théâtre. 

 

– Quel lien peut-on voir entre cinéma italien et théâtre?
Il y a entre le cinéma et le théâtre un lien évident. Les deux arts sont d’ailleurs souvent pratiqués par les mêmes artistes, comédiens et réalisateurs. Les meilleurs acteurs de cinéma ont fait leurs classes au théâtre ! Inversement, le jeu théâtral a beaucoup évolué grâce au cinéma. L’utilisation de la vidéo est aussi devenue relativement courante. Nous accueillerons d’ailleurs aussi, régulièrement, à compter de septembre, des ciné-concerts. La Reine Blanche, scène des Arts et des Sciences, se veut un lieu d’accueil de tous les arts, de la littérature – les Lectures de la Reine Blanche, organisées par Cécile Ladjali – au théâtre, en passant par le cinéma, la musique et… la gastronomie !

– Selon quels principes, enjeux, est basée la programmation?
Je crois qu’il n’y a pas un seul public, mais plusieurs publics, et qu’il faut une programmation à la fois éclectique et de qualité. Je souhaite offrir en permanence au public des spectacles de théâtre, des spectacles musicaux et des spectacles à argument scientifique. Cette programmation sera ponctuée de rendez-vous réguliers, musicaux et cinématographiques.

– Quels seront donc les réalisateurs mis à l’honneur et pourquoi?
Nous essayons de proposer des films de qualité d’auteurs différents. Et, comme le repas est basé sur une recette typique du lieu où se déroule le film, nous essayons de varier les plaisirs !

– Est-ce que le programme ne mettra en avant que les auteurs plus anciens ou également des films plus récents?
Jusqu’à présent, nous avons surtout projeté de grands « classiques » du cinéma italien (Fellini, Risi, Scola, Visconti…). Nous continuerons à montrer ces chefs-d’oeuvre du passé, mais nous verrons aussi quelques films plus récents, comme A corps perdus de Sergio Castellito (sorti en 2004), où l’on découvre une Pénélope Cruz extraordinaire, à contre-emploi, ou La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino, présenté en compétition à Cannes en 2013, et qui a obtenu l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.

– Point de vue sur l’histoire du cinéma italien.
Sans doute cette question est-elle reliée à la précédente ? Il est vrai que le cinéma italien de l’après-guerre a été l’un des meilleurs du monde, puis il a presque disparu dans les années 80 pour renaître ensuite, dans les années 90 et 2000, avec de nouveaux réalisateurs, comme ceux que nous venons de citer, ou Nanni Moretti (Habemus Papam, La Chambre du fils, Journal intime…), Roberto Benigni (La Vie est belle) ou Marco Tullio Giordana (Les Cent Pas, Nos Meilleures Années…). C’est un cinéma aujourd’hui bien vivant et de grande qualité !

Entretien pour La Galerie du spectacle.

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