Un spectacle de La Fine Compagnie et du groupe Théâtre RESF. 

Le samedi 2 décembre 2017, à 16h30,à La Villa Mais d’Ici en lien avec le festival Migrant’Scène.

 

En France entre 2008 et 2010, grand fut l’étonnement de l’opinion publique devant les milliers de travailleurs étrangers en situation irrégulière qui se mirent en grève pour revendiquer leur régularisation. C’est alors qu’ils se nommèrent eux-mêmes « travailleurs sans-papiers » afin de réclamer leurs droits et de revendiquer leur inclusion dans le champ politique.

Dans ce contexte socio-politique, se situe le travail théâtral Mon cher ami, le fantôme une performance texte, musique et dessin, autour du caractère illégal de l’immigration, qui pendant environ une heure se fait mise en abîme de la rencontre entre Johanne Gili et des gens dépositaires de leur propre sagesse, bien plus profonde que la raison d’État. Gili, auteur et metteur en scène, il cherche à comprendre et dévoiler les mécanismes pervers d’un parcours d’intégration considéré comme linéaire, d’un pôle d’origine à un pôle d’arrivée abusivement vanté comme moderne et émancipé. En mettant l’accent sur un marché économique français qui contribue à produire une main d’œuvre à bas coût.

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Le spectacle fait résonner la lecture de textes analytiques de l’anthropologue Emmanuel Terray  et de la juriste Claire Rodier, « une matière scientifique qui donne des chiffres, ouvre une réflexion et donne à entendre la réalité sur la migration, avec des textes écrits en ateliers par les premiers concernés, matière sensible s’il en est qui  témoigne de l’humanité des migrants ». Les lectures se font entendre au fil d’une circulation scénographique qui a aussi « une fonction de respiration, comme la musique et les projections ». C’est ainsi, qu’en suivant le travail de Johanne Gili, se décline une attention à l’écriture théâtrale, ici modelée par l’écoute des ses collaborateurs et le montage des textes, qui s’émancipe d’une narration linéaire et qui s’est construite au fur et à mesure que l’artiste a pris connaissance du contexte et du vécu des participants.

Aux textes et/ou en scène et en technique ; Nasser Al Sarori (textes), Grace Mendes Lufunkenda (textes), Abdoulatuf Mohamed (textes), Aïcha Bouchareb (textes et lecture), Siabou Diagana (lecture), Oumou Kaba (présence), Johanne Gili (texte, lecture et mise en scène), Bastien Lacoste (musique et lecture), Jaime Flores Caceres (musique et lecture), Sarah Letouzey (dispositif et dessins), Flore Marvaud (lumières) et Fabien Caron (son). Tous ces gens forment un corps qui nous rappelle que le théâtre des origines était l’école, instrument de connaissance (avant même l’invention de la philosophie) et emplacement de l’identification et de l’appartenance sociale.

Loin d’effacer toute dimension intime, émotive et affective de ses protagonistes/auteur-e-s, ce corps unitaire vibre de ses individualités, témoignant combien, dans le théâtre de Johanne Gili, est présent le besoin d’une constante relation avec Autrui ainsi qu’un intérêt artistique pour la coprésence de différents langages.

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