Librement inspirée de la vie et des écrits d’Arcangela Tarabotti, femme de lettres vénitienne du XVIIe siècle au destin complexe et tragique, La Simplicité trahie est une ode à la liberté de conscience.

L’Italie du XVIe siècle est une société patriarcale où les femmes n’ont pas voie au chapitre concernant le choix de leur destinée. A cette époque le mariage est avant tout une affaire d’argent et la dot est l’élément principal. Celles qui n’ont pas la chance d’avoir une famille suffisamment argentée pour les coller dans les bras d’un mari se voient d’office proposées à un homme aussi pauvre que désintéressé : le Seigneur Jésus Christ. Peu regardant sur la bourse de ses épouses mais non moins exigeant, le Seigneur contraint ses épouses à un dévouement absolu. Mais un sérieux problème vient perturber la vie tranquille du couvent de la ville d’Udine : six clarisses décident de se procurer des livres et se mettent à étudier avec ferveur non pas la Bible mais la philosophie et les mathématiques. Comment venir à bout de la soif de savoir de ces femmes qui transgressent l’ordre établi ? Voilà une bien belle épine dans le pied du clergé au moins aussi douloureuse que la couronne sur la tête du Christ.

Merveilleusement bien interprétée par une comédienne seule sur scène, La Simplicité trahie est une pièce à la mise en scène soignée de par la sobriété de l’éclairage et la convenance du fond sonore. Si la justesse du texte de la première partie de la pièce est très prenante, la seconde partie s’essouffle au gré des bavardages des clarisses représentées par des petites marionnettes. Néanmoins c’est une très belle énergie que l’artiste insuffle à cette pièce à la fois drôle et tragique.

Au Théâtre de la Cité internationale.
Festival Chantier d’Europe .
Du 11 au 27 juin 2015.

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