Auto-porn box est un spectacle composé de dispositifs performatifs courts proposés par la compagnie A Contre Poil du sens et le chorégraphe Matthieu Hocquemiller, danseur auprès de Michel Kelemenis et Alain Buffard, créateur du festival d’expressions plurielles du Sexuel Explicit.

Le premier dispositif est une mise en corps « vidéo-stroboscopique »  – musique entraînante, digne de boîtes de nuit LGBT, rythme méditatif de la lumière, transformant le corps de l’artiste et faisant apparaître une corporéité hybride – bonne introduction soft dans l’univers du queer.

Une deuxième porn-box nous montre Kay Garnellen et sa transformation. On a bed of spider web I think of how to change myself. Whispering morning, keep the streets empty for me… Une centaine de seringues dans le cul – et d’une butch timide elle/lui devient un jeune trans-pute, affirmant haut et fort son genre non défini et participant aux manifestations pour la défense des droits des travailleurs sexuels. Il ose faire maintenant ce que la société permet aux hommes et non aux femmes… Est-ce assez queer?

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Une table, une lampe, une femme qui lit des notes prises après les rencontres avec ses clients, des lettres de reconnaissance, la joie de la douleur, l’abnégation de soi et de sa masculinité… Dominatrice professionnelle, Zoé, le personnage de Marianne Chargois, souple d’esprit et de corps, gode-ceinture comme étendard, vous attend aux tarifs habituels.

La fête continue au sous-sol avec Matthieu Jedrazac. Karaoké, lumières colorées, chant lyrique, gode Nutella, la nostalgie des slows, la performance consacrée à « tous les papas » que le personnage de Matthieu « a baisés ».

Après avoir dansé sur les rythmes pop déjantés, je rentre dans l’intimité de Camille Mutel pour « rompre les constructions binaire intime/public » lors d’une performance pour un spectateur.

Pour un public averti certes, qui se plaît a crier « T’as le cul bronzé j’espère ! » , mais on ne pourrait pas reprocher à Mattieu Hocquemiller et son équipe le manque de décence et de bon goût.

Un documentaire, des performances, clubbing et paillettes c’est jusqu’au samedi 24 septembre pour affirmer son identité quelle qu’elle soit. Quelles qu’elles soient.


Du 15 au 24 septembre,
Festival Jerk Off.

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