Exposer les absurdités du système monétaire et de la dette. Prendre de la hauteur sur le système actuel qui nous paraît indiscutable et le seul possible tant il est ancré dans nos façons de vivre et penser. Des possessions que l’on ne peut obtenir qu’à travers des dettes. Des dettes que l’on en vient à rembourser en contractant d’autres dettes. Avec justesse, on détourne, ici, ce système  à l’aide de boules colorées tel un jeu. Un simple jeu avec lequel on s’amuse, on parie, on gagne et bien sûr…on perd.

S’ensuit une plongée dans l’histoire avec l’exposition du système monétaire depuis la Mésopotamie au cours de laquelle on faisait périodiquement un « amargi», terme signifiant liberté, et qui effaçait toutes les dettes de tout le monde indistinctement afin de remettre les compteurs à zéro. L’absurdité actuelle, qui consiste à faire croire qu’une dette est une fatalité, et quiconque en contracte une et lié à un contrat indestructible, s’en retrouve ainsi complètement mis à mal.
Une ouverture apparaît alors sur de nouveaux possibles: une projection dans le futur dans lequel le salaire à vie serait instauré. Offrant ainsi plus d’égalité et une inclinaison vers le progrès et l’innovation détrônant ainsi un capitalisme effréné s’attachant, à base de règles absurdes, à enrichir quelques uns sur le dos des autres.

L’exercice n’est pas si évident. Les questions et exposés abordés sont passionnants et menés avec intelligence et énergie mais on tend à nous faire parvenir un nombre important de concepts par l’exposition d’éléments théoriques bruts. Cette densité est parfois dure à intégrer et la théâtralité peine à émerger. La difficulté réside dans le fait de contextualiser des concepts plutôt qu’à conceptualiser un contexte. Cela fonctionne par moments  : lorsque les concepts sont exposés dans des situations concrètes avec des histoires et des personnages, la teneur des propos  parvenant plus facilement à notre cerveau mais également à notre cœur, notre chair permettant une compréhension plus ancrée.
On se situe, ici, dans une forme qui semble se chercher encore, entre la conférence gesticulée et le spectacle théâtral. On ne peut qu’encourager ce type de démarche militante, éclairée et force de proposition, mais également l’inciter à s’épanouir dans une forme plus situationnelle permettant ainsi l’impact sur un public toujours plus vaste.


Du 2 au 24 janvier 2017,
A la Manufacture des Abbesses.

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