Considéré comme une des voix les plus inventives de la jeune génération de la scène japonaise, Yudai Kamisato est accueilli pour la première fois en France avec son dernier spectacle, +51 Aviación</em<em, San Borja.
Depuis Tokyo, le spectacle nous embarque à Okinawa puis au Pérou où le protagoniste rend visite à sa grand-mère, à la rencontre des immigrés japonais, dont le regard distant et nostalgique est le prétexte de l’auteur pour dessiner un portrait socio-politique critique de la société japonaise d’aujourd’hui.
Lui-même né au Pérou, il est réellement parti à la rencontre de cette communauté japonaise-péruvienne pour écrire sa pièce, à Lima, où vit toujours sa grand-mère, dans la rue San Borja, qui donne son titre précédée du préfixe téléphonique de la ville.
Cependant l’immersion autobiographique dans ses racines cosmopolites, qui s’entrelace maladroitement avec une véritable saga historique de l’émigration du XX siècle n’arrive pas à convaincre le public. Un déjà vu du post-modernisme littéraire qui élude, souvent de manière ludique, les possibilités de sens. Pourtant le public y découvre faits et personnages comme Seki Sano, considéré comme le « père du théâtre mexicain » et activiste politique, d’orientation marxiste, qui mourra sans revoir le Japon, en 1966.
Entre autre, il faut signaler la légèreté ludique des trois acteurs, en scène avec quelques accessoires, dans un plateau épuré aux couleurs pop des années quatre-vingts, qui introduisent un dynamisme dans une pièce qui se caractérise par un répertoire fortement ancré dans la tradition japonaise. Un théâtre littéraire qui a une forte tendance à la stylisation et à la recherche d’esthétisme, qui nous semble une variante contemporaine du kyōgen, un genre comique, populaire, qui se caractérise par des paroles folles, des soties et des farces.

Vu au http://www.theatre2gennevilliers.com/2016-17/fr/programme/yudai-kamisato-51-aviacion-san-borja.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.