« L’objectif le plus important dans la vie d’un artiste est de trouver son propre style». 

Irene Raspollini

Une peinture symboliste riche en détails. Telle est l’oeuvre d’Irene Raspollini. Cette plasticienne italienne s’appuie notamment sur le sport et la nature pour représenter son travail. Son support favori est le papier, à travers lequel ses personnages aux joues rouges nous racontent leurs états d’âmes. Active, Irene Raspollini a exposé dans plusieurs pays dont la Chine , le Mexique et l’Angleterre. Dans cet entretien, elle revient sur son art, et ce, pour mettre à nu sa démarche artistique.

Première question. Pourquoi vous êtes-vous penchée sur le symbolisme ?

Mes oeuvres sont symbolistes. Chaque personnage a un rôle précis dans mes peintures. Il s’agit d’une narration précise qui est le résultat d’une réflexion profonde. Si je devais penser à un mot pour décrire mon art, ça serait tout simplement « narratif ». J’utilise surtout des supports métaphoriques. Ils transmettent une influence. Le climat et l’ambiance de l’endroit où je suis née, où je vis actuellement. C’est un petit village perdu entre les bois de la Toscane (Italie centrale Ndrl).

eVous avez développé un style particulier, riche en détails et en couleurs : fleurs, oiseaux, et personnages avec des joues rouges. Pourquoi vous insistez sur ces notes ?

Les joues rouges et les grands yeux sont les éléments qui rendent mes oeuvres reconnaissables. C’est surtout un hommage à la peinture médiévale européenne, l’une des mes préférées. La nature est aussi présente dans mes tableaux, comme vous l’avez bien remarqué. Je crois que l’objectif le plus important dans la vie d’un artiste est de trouver son propre style. Je vois trop souvent des confrères qui ont une production artistique incohérente où bien qui cherchent à reprendre les idées et les traits des artistes qui ont un succès énorme. Il est normal d’être inspiré par les artistes que nous aimons, mais quand on reprend les idées, on perd un des aspects qui contribuent à valoriser un artiste : la reconnaissance. Plagier est donc une mauvaise stratégie. De plus, on risque de tomber dans la frustration, parce-que on ne ressent pas cette satisfaction personnelle.

Il existe des thèmes majeurs dans votre peinture comme la femme, le sport, et la nature…

Bien sûr. J’aime donner à mes personnages une apparence monumentale, comme s’il s’agissait de peindre des saints. Je suis athée, mais j’adore l’art sacré qui a un rapport avec la religion. Les femmes dans mes peintures sont des personnes communes, mais elles sont représentées avec la même douceur d’une madone. Le sport est un autre thème que je préfère : C’est en apprenant le Muay-Thaï (boxe thaïlandaise) que j’ai appris à découvrir mon propre corps : j’ai aimé tellement cette sensation que mon art à été influencé par la suite. Les éléments naturels que j’utilise dans mes tableaux représentent des aspects de la nature humaine : le cactus par exemple. Je le vois comme le symbole de la résilience, parce que malgré ses épines, il régale en générant des fleurs magnifiques et vibrantes à travers ses couleurs.

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Il y a également du kitsch (1) dans vos oeuvres. En témoigne l’utilisation outrancière d’éléments démodés. S’agit-il d’une source d’inspiration ?

J’adore le kitsch. Je pense qu’il jouit d’un pouvoir esthétique très intéressant. Mais, on ne doit pas confondre le kitsch avec le mauvais goût, parce-que le premier réussit à donner des sensations positives.

On s’interroge quand on voit les dimensions de vos toiles. Auriez-vous une préférence pour le grand format ?

Oui, effectivement. Un ami muraliste qui est mexicain m’a dit un jour que mon style est fait pour les fresques murales. Je crois qu’il a raison, même si le plus grand tableau que j’ai fait est un 120 X 60. Malgré cela, je crois que les grandes toiles me permettent de donner une certaine expressivité aux visages. Ce qui me permet de créer cet impact.

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Le papier est votre support favori. Pourquoi ?

C’est simple. Il me permet d’utiliser toutes les techniques de peinture. Tout ce que je mélange est appliqué dans le moindre espace de mon support. Je crée des surfaces irrégulières et versatiles. Il faut dire aussi que le papier est à la fois léger et résistant. On le peut emporter partout. Vous allez trouvez sur moi, du papier, ma boîte d’aquarelle et mes pinceaux avec le petit flacon d’eau. Ils sont toujours dans ma sacoche car ile me permettent de peindre même en voyageant.

Pensez-vous à d’autres expériences artistiques ?

Bien sûr. Je suis en train d’apprendre de nouvelles techniques, j’ai même essayé de la sculpture sur bois. Néanmoins, la peinture reste mon premier amour, je ne peux pas l’exclure de ma vie car mon rapport avec les différents matériaux est le centre névralgique de mon inspiration.

Kitsch (1) : Un style artistique qui utilise des traits considérés comme triviaux, démodés ou populaires.

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A propos de l'auteur

Fadhel Zakour

Diplômé en presse écrite, il travaille dans le domaine du livre. Amoureux des beaux arts et des belles lettres, il collabore avec le premier magazine littéraire en Algérie (L'ivrEscQ). En 2016, il a publié son premier recueil de poèmes "L'Empire des mots", chez Edilivre.

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