Paris 2016. Les nazis ont gagné la guerre et sont encore au pouvoir en France et dans toute l’Europe. Une comédienne et son mari veulent monter une pièce de théâtre où les nazis auraient été vaincus et l’Europe, démocratique. Pendant que les deux protagonistes attendent celui qui devrait financer le projet, le mari explique à sa femme sa vision des choses. Selon lui, personne ne sera intéressé par une pièce absurde qui raconte une France où les nazis ont été vaincus et où l’héroïne est amoureuse d’un homosexuel… Le producteur tant attendu par le couple finit par se présenter et la pièce bascule brutalement dans un autre univers.

Avec Présents parallèles, Jacques Attali signe une pièce de science-fiction où les passions exacerbées dévorent les personnages. C’est une pièce un peu étrange où la règle des trois unités chère au théâtre classique est respectée mais dans des univers parallèles. En effet, la pièce est composée à la manière de poupées russes, les actions s’imbriquent les unes dans les autres, un dédale de mises en abymes en somme, où le spectateur se perdra.

A l’instar des écrivains de science-fiction (Asimov, Herbert…), Attali veut nous faire réfléchir sur notre présent en portant l’action dans un monde différent mais qui aurait pu être le nôtre. L’auteur interroge la nature humaine. Qu’est ce qui fait que nous sommes ce que nous sommes ? Nos passions sont-elles inhérentes à la société dans laquelle on vit ? Ou bien y a-t-il des passions universelles qui transcendent les sociétés et les pouvoirs politiques ? Des évènements, des faits graves ou marquant nous interrogent, nous bouleversent, nous questionnent, mais qu’est ce qui permet cela ? Un régime démocratique libère-t-il pour autant la pensée ? La dictature nous condamne-t-elle à rester figés ?

La volonté de changer le réel par la fiction n’est-il pas un désir qui remonte à la nuit des temps ? Des questions certes salvatrices, mais pourquoi les poser d’une manière aussi complexe ? La politique, la sexualité, l’idéalisme contre le pragmatisme, des questions cruciales pour rendre au spectateur sa lucidité, réflexion aussi sur le théâtre en lui même, après L’Illusion comique de Corneille, Attali interroge lui aussi à sa façon les ficelles d’une mise en scène théâtrale, il lève le voile sur le spectacle en lui-même : le théâtre, finalement, ne serait-il qu’une illusion ?

 

A partir du 7 septembre,
Au théâtre La Reine blanche.

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