Petits Contes d’amour et d’obscurité, de Lazare, Studio Théâtre Vitry – l’écriture visionnaire d’un ex homme de peu.

Lazare est un nom biblique, Lazare de l’Evangile, ressuscité par le Christ, protecteur des lépreux. Qui au Moyen-âge était employé pour désigner une personne pauvre ou défavorisée, en particulier dans la langue espagnole. De cette étymologie est tiré aussi le mot italien « lazzarone » , d’où lazzarone, lépreux, puis péjorativement homme de peu.
C’est ainsi que contourner la biographie de l’auteur et metteur en scène Lazare, nous semble impossible pour comprendre le travail de cette ex-enfant de cité (Bagneux), qui apprend tardivement à lire et écrire. Dont la rencontre avec le théâtre est poussée jusque l’école du Théâtre national de Bretagne.
Un auteur visionnaire qui aime les déviances sémantiques, les lapsus, la parole poétique, et les subtils passages de la farce au drame.

Petits Contes d’amour et d’obscurité est constitué de trois récits: Les Illisibles, habités par trois figures: Léonard, Jérôme et Agnès qui se retrouvent dans une petite cabane. Un lieu qui nous rappelle qu’en chaque enfer nous pourrions trouver un morceau de paradis et vice-versa. Quelqu’un est Marie est l’histoire d’une femme, Marie, qui a perdu sont amoureux Vladimir. Un espace mental, où la femme se questionne elle-même par son double. Vladimir qui est mort revient la voir. Dans Un Homme quiconque, pièce dans le métro, un homme rêve d’une femme qui a disparu. Un état hallucinatoire alimenté par la solitude qui l’amènera à tuer un homme. La folie prend le dessus.
Le décor des Petits Contes dʼamour et dʼobscurité se présente comme un espace miroitant et réfléchissant. De grandes vitres de plexiglas transparent habitent la scène. Où lʼespace et le temps se dédoublent comme effets déformants de notre réel.
La mise en scène cherche à faire rencontrer parole et vision plastique. Cette dernière est parfois aussi riche d’images suggestives que les contes, comme Agnès en vert qui marche sur le plafond. Mais l’illusion merveilleuse se révèle une acrobatie maladroite et superflue qui affaiblit le récit. Malgré le jeu d’acteur remarquable, pour certains.
Pourquoi le voir? Malgré tout, ce travail est un sensible témoignage de la manière dont le théâtre parvient à ouvrir un passage du quotidien au merveilleux. Aussi on pense que l’énergie des comédiens mérite des spectateurs. Enfin, le Studio théâtre de Vitry est comme une petite cabane, où l’artiste est autorisé à expérimenter et rechercher.

Sur Lazare
René Solis, « La cité sans cécité », Libération,‎ 20 janvier 2011.
Maire-José Sirach, « Lazare ressuscite la langue du théâtre », L’Humanité,‎ 17 juillet 2013.

Notes de l’auteur
Théâtre-contemporain.net.

 

Au Studio théâtre de Vitry.

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